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C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei

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Yao Li Mei
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MessageSujet: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Jeu 24 Jan - 0:09

Citation :

C'était un soir sans histoire,

une fin de journée au destin sobre




SHIN Aki & YAO Li Mei.

Janvier 2049, début de soirée. Il fait froid et humide.



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Yao Li Mei
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Jeu 24 Jan - 0:11


J'ai quitté le camp hier et j'ai échappé de peu aux soldats. Punaise, je suis toujours en train de me fourrer dans des situations pas possibles. Mais heureusement, j'ai réussi à m'en sortir dignement, et autant dire que ce n'était pas gagné. Mais ce n'est pas un petit incident de la sorte qui m'empêche de rester en ville. Je n'ai aucune envie de retourner au camp maintenant, j'ai vraiment besoin de prendre du recul. Je ne peux malheureusement pas me permettre d'aller loger chez quelqu'un ou d'aller prendre une chambre à l'hôtel. Les gens sont corrompus, j'aurais forcément été trahie. Mais je ne veux pas non plus prendre le risque d'attirer des ennuis à de pauvres innocents. Je quitte mon camp, j'assume et j'me débrouille.

Je ne cherche rien en particulier, j'erre sans but. Hormis le fait que je veuille faire le vide dans ma tête, je n'ai aucune motivation particulière. Je cherche juste un nouvel abri pour la nuit prochaine qui s'approche à grands pas. L'Eglise en ruine était beaucoup trop froide et puis je risque d'être repérée trop rapidement si je me sédentarise. C'est pourquoi j'ai marché toute la journée jusqu'au deuxième secteur de la ville, ce que l'on appelle plus communément, la ville moyenne. Pas mal de mes semblables "recensés" y vivent. C'est un endroit beaucoup plus agréable que le secteur où se trouvait ma petite église, mais c'est aussi un endroit beaucoup moins accessible. Les surveillances se font encore plus renforcées et je dois avouer que j'ai eu pas mal de difficulté à ne pas me faire prendre. Je ne pourrais pas quitter le camp définitivement. La vie est beaucoup trop compliquée. Pour que tout soit plus simple, il faudrait que je me livre au gouvernement, mais je n'adhère pas du tout à leur idéologie. Donc je me contente actuellement de simples petites escapades qui ne durent jamais très longtemps. Je finis toujours par avoir faim et surtout par avoir envie de revoir pas mal de monde. Je suis comme ça : incapable de vivre seule trop longtemps.

Mais je suis enfin arrivée dans ce fameux quartier. Contrairement à la ville basse, il y a pas mal d'animation, les gens vivent normalement, enfin, un peu comme dans l'ancien temps. Ils marchent dans la rue, ils parlent entre eux, ils font les magasins. Evidemment, ils savent qu'ils sont surveillés, ils sont conscients que le moindre faits et gestes peut-être jugé et leur être reproché. Mais ils vivent. Bon, j'exagère surement dans mes propos, on pourrait croire que la vie au camp, c'est l'enfer, mais finalement, même si les conditions sont dures, j'ai l'impression de pouvoir faire ce que bon me semble. Enfin, presque... Je ne dois pas pour autant nier que j'aimerais vivre comme mon père vivait avant l'explosion de la bombe. Il m'a souvent raconté des histoires, et j'en rêvais. Il faut dire que quand je vivais encore avec lui, on vivait un peu dans la misère et savoir qu'à une époque il pouvait manger à sa faim, prendre des douches chaudes et des bains, et acheter pour le plaisir d'acheter... ça fait légèrement rêver.

Après avoir fait le tour de plusieurs hôtels et auberges, j'ai décidé d'aller dormir dans un lieu public, le genre de lieu qui la nuit est complètement à l'abandon. L'idée de l'église était plutôt bonne, mais c'était plus simple car le quartier était peu fréquenté et surtout l'église n'était plus trop fréquentée. Il va falloir que je trouve un lieu un peu similaire, le problème c'est que je ne connais pas du tout le coin. J'ai une mémoire de poisson rouge, j'ai beau être venue là plusieurs fois, impossible de me remémorer les lieux. Tout ce dont je me souviens, c'est cette histoire de planque dans l'ancienne gare. Il y a pas mal d'histoire à son sujet. Certaines personnes chez les Omega m'ont affirmé que l'un des trains pouvait disparaître par moment. Evidemment, rien qu'à l'idée de pouvoir accéder à un lieu qui soit aussi bien camouflé me fait rêver, mais encore faudrait-il le trouver. Une gare, même si elle n'est plus utilisée, elle doit être bourrée de train tous aussi vieux les uns que les autres. Dans les histoires, il faut généralement trouver celui qui semble le plus unique, mais en pleine nuit je sens que ça va être difficile. Mais tant pis, je n'ai rien à perdre, je vais tenter ma chance.

Après avoir traversé deux ou trois rues, je finis par apercevoir un grand édifice surmonté d'une horloge arrêtée. Je pense pas qu'il y ait des centaines de gares dans le quartier qui semblent complètement laissées à l'abandon. De toute manière, ça ne me coûte rien d'aller jeter un œil. Sauf si je tombe sur quelqu'un de l'armée ou quoi. Toujours de façon discrète, j'essaye de trouver une entrer annexe. Je me vois très mal entrer par la grosse porte d'entrée en mode "Coucou c'est moi !". Soit, après quelques minutes de recherches sans me faire repérer par la foule qui s'agite au dehors, je trouve enfin une petite porte de secours entre-ouverte. Je m'introduis sans difficulté. Ça devait être une grande gare, les lieux sont spacieux et malgré le désordre causé par la bombe, tout semblait être parfaitement ordonné. Je ne sais pas comment je le sais, c'est une sensation que j'ai. Je continue d'avancer en faisant gaffe à ne pas faire grincer mes chaussures. Le sol est humide, il a plus quasiment toute la journée et mes chaussures ont tendance à faire un bruit étrange. Je suis obligée de me déplacer sur la pointe des pieds, ce qui est plutôt fatiguant. Tout un tas de débris gisent sur le sol, des journaux et tout un tas de déchets divers également. Mais ces dernières choses ne sont pas des restes de la catastrophe. Je crois qu'il y a pas mal de squats ici, et je ferais mieux de ne pas me faire remarquer.

Soudain, j'aperçois une silhouette. Premier réflexe, me téléporter derrière le banc qui est un peu plus à ma droite. Je m'accroupis et j'observe attentivement. Plus je regarde, plus j'ai l'impression de le connaître, mais je galère pour me souvenir de qui il s'agit. Et puis ça me revient subitement. C'est le gars qui s'est battu contre Taejun la dernière fois. Je ne sais pas ce qu'il fait là, mais il semble s'être remis de la taulée qu'il s'est prise. Je me lève d'une traite et me met à courir vers lui. C'est horrible, dans ces moments, j'oublie toutes les règles que j'applique constamment concernant ma sécurité. Mais j'aime voir des visages familiers quand je suis loin de mon lit. Tout en affichant mon sourire habituel, je m'exclame :

"Heeey ! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu te souviens de moi ? Je suis l'amie de … enfin, tu sais, celui qui t'a battu la dernière fois. Mais je suis pas ton ennemie hein, moi je n'ai rien à voir avec votre histoire, je sais même pas pourquoi vous vous êtes battus."

Je suis naïve, beaucoup trop. Et me voilà partie pour encore parler pour ne rien dire. On ne change pas ses bonnes habitudes comme on dit.
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Shin Aki
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Ven 25 Jan - 15:10

Ma journée s’était terminée lamentablement. Après avoir couru comme un fou après un mutant, il s’était fait attrapé. Je sais. Je devrais être satisfait et content. Mais je ne l’étais pas. Je l’avais pris en chasse avec un groupe de soldat Lachesis. J’étais dans une attente constante de trouver une échappatoire pour le mutant. J’en avais trouvé un. Il avait juste besoin de rester silencieux derrière cette foutue porte. Juste se retenir de parler et de provoquer et il nous aurait échappé. Mais cet abrutit à décider de tirer sur la ficelle du combat plutôt que de la fuite. Et à partir de là, je n’avais pas pu faire grand chose pour lui. Je l’ai observé crier et se débattre sous les coups qu’il recevait. Admirant un instant sa détermination avant d’accabler sa stupidité. Que comptait-il faire contre quatre personnes dont un mutant ? Trois Lachesis et un Aegis contre un Katharsis ? Pensait-il réellement s’en échapper ? Il n’avait aucune chance. Et j’ai été obligé d’attaquer à mon tour. De le faire prisonnier également. Alors oui, j’étais d’une humeur exécrable. Encore plus avoir appris que ce n’était pas la seule mission de la journée et qu’on avait été prié d’aller patrouiller ailleurs. Là, ce n’était plus une histoire de chasse aux mutants mais plus à la surveillance et à la capture si un Katharsis avait la folie de se montrer.

L’ancienne gare. Voilà l’endroit où je devais passer ma soirée. Un ordre. Juste un fichu ordre qui m’empêchait de me reposer chez moi. Juste parce que c’était un lieu qui avait longtemps une planque pour les Katharsis. Juste parce qu’elle était connue à présent et que des rondes étaient organisés. Je n’avais pas envie de tomber sur un mutant. Encore moins un Katharsis. Je n’avais pas envie de voir ces Lachesis totalement fous à l’idée d’attraper une seconde personne aujourd’hui. Je n’aimais pas être envoyé avec des militaires humains du gouvernement. Généralement, ce sont le genre de personnes qui n’aiment pas les mutants. Et qui ; par extension, ne m’aiment pas moi. Donc faire des missions avec eux c’est extrêmement pénible. Toujours à faire des blagues plus que douteuse sur les mutants, ils sont en véritables extases quand ils arrivent à mettre la main sur l’un deux. Encore mieux lorsqu’il s’agit de le métriser. À croire que c’est extrêmement drôle et gratifiant que de tabasser à plusieurs une seule personne.

Alors, je me retrouvais ce soir avec eux. Ils étaient entre eux, à l’écart de moi. De plusieurs mètres. Si bien qu’on aurait pu croire que je me baladais seul. Après tout, j’étais le mutant chien du gouvernement. Le fils alien de Shin, celui qui s’était fait mystérieusement assassiné. Car je n’avais pas dit que c’était mon frère. Je n’étais pas fou. J’avais juste dit que je n’avais rien vu. La seule chose qui me protégeait de leur raillerie totalement dénuée de sens, c’était mon pouvoir. Ils m’avaient déjà vu à l’œuvre. Ils connaissaient ma puissance. Ils savaient parfaitement que les faires disparaître ne serait pas difficile à faire pour moi. Alors, ils se tenaient tranquilles. Préférant faire des blagues sur leurs anciennes victimes plutôt que sur moi-même. Ils se moquaient des pleures, des supplications, des cris et de la peur. Comme si eux, à leur place, auraient réagis différemment. Ils me dégoutaient. Plus ils parlaient, plus ils me rendaient fou de rage.

Alors je me suis mis à m’éloigner d’eux et à faire le vigile seul de mon côté. Une lampe torche à ma main gauche, mon beretta à ma main droite, je superposais la droite sur la gauche pour inspecter rapidement les endroits dangereux. Rangeant mon arme sous ma veste, près de mon cœur, je n’ai gardé que la lampe torche dans ma main gauche pour m’éclairer. Je ne voulais pas me prendre le pieds dans un objet, me rétamer lamentablement sur le sol et provoquer les rires moqueurs des Lachesis plus loin. Enfin, vu la distance, encore fallait-il qu’ils me voient. C’est alors qu’une silhouette passe sous mes yeux et s’approche dangereusement de moi. Je ne fais cependant pas un bruit, ni de surprise ni de communication. Mes coéquipiers n’étaient pas là. Ils n’avaient rien vu. Peut-être que j’aurai la chance de pouvoir fermer les yeux et faire comme si je n’avais rien vu. Éclairant le visage du corps qui était maintenant face à moi, j’avais eu le temps de la reconnaître quelques secondes avant quand elle courait encore vers moi. Souriante et insouciante, elle commença à me parler totalement naturellement. Comme si les lieux étaient propice à ça.

« Je me souviens de toi. T’étais un peu à l’écart, tu te cachais ? Bref. » Je relève la tête quand j’entends un bruit de pas. Encore lointain certes. Mais s’ils bougeaient, je préférai vérifier qu’ils ne bougent pas vers nous. L’attrapant doucement par l’épaule, je l’ai tiré derrière un mur qui pouvait nous cacher temporairement. J’ai baissé mon regard vers elle et j’ai parlé moins fort. « Qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne sais pas que c’est le genre d’endroit où le gouvernement envoie l’armée pour, justement, trouver des gens comme toi ? Retournes chez toi ! »

Est-ce que j’étais en train de faire un sermon ? Oui. C’était clairement ça. Mais, cette fille, c’était l’amie de Oh Taejun. En plus, elle ne semblait pas virulente et encore moins me vouloir du mal. Alors si je peux lui éviter de passer entre les mains des trois Lachesis plus loin, cela ferait plaisir à elle tout comme à moi je pense. Il faut juste qu’elle s’en aille. Tout de suite. Maintenant. Avant que cela ne soit trop tard. Mais, je lui disais de retourner chez elle, mais avait-elle au moins un endroit ou aller ? Un endroit plus sûr que celui-là ? D’ailleurs, si elle avait un endroit plus sûr, pourquoi serait-elle là ?
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Yao Li Mei
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Lun 28 Jan - 20:56


J'avais peut-être tort de sauter dans les bras d'un inconnu. Il faut pas se mentir, j'ai beau l'avoir déjà rencontré et penser qu'il est inoffensif, en réalité, il n'est qu'un étranger à ma vie. Mais voilà, j'ai passé une journée plutôt difficile à tenter d'échapper à tous ces chiens de l'armée, j'ai tenté tant bien que mal de ne pas perdre connaissance à cause de mon estomac qui criait famine. Et là, je trouve enfin un endroit qui semble vouloir m'accueillir et je vois un visage que je connais déjà. Je n'ai que cette envie d'affection, même si je l'admet, demander de l'affection auprès d'un inconnu, c'est super bizarre. Je lui avais donc demandé s'il se souvenait de moi. C'était un peu bizarre, en fait, avant de le croiser je ne me rappelais que vaguement de ce jour où ils s'étaient battus tous les deux. Je ne vois pas pourquoi il se souviendrait de moi en fait, et ça ne me vexerait pas plus que ça si telle était sa réponse.

Contre toute attente il dit qu'il se souvient de moi. Waw, c'est assez surprenant. Je ne passe donc pas inaperçue, c'est une bonne chose. Enfin, selon les circonstances évidemment. Il se souvient de moi comme ayant été à l'écart. C'est vrai, mais en même temps, je n'allais pas me promener au milieu de leur espace de combat. Je ne suis pas suicidaire quand même. Enfin il se souvenait de moi, ça allait me faire moins d'explications à fournir, j'adore parler et raconter les choses, mais pas quand je suis fatiguée, et manque de pot, je suis crevée comme pas possible. Avoir marché et utilisé mon pouvoir toute la journée m'a épuisée, j'ai vraiment besoin de dormir et j'espère que mon entrevue avec ce jeune homme ne durera pas une éternité. Bon, je ne peux m'en vouloir qu'à moi-même, j'ai accouru vers lui. J'aurais très bien pu rester cachée derrière mon banc et attendre qu'il s'en aille.

Il avait l'air tranquille lorsqu'il m'a dit qu'il se souvenait de moi. Mais soudainement il a changé du tout au tout. Je n'ai pas trop compris pourquoi, il a semblé réagir à un bruit sourd qui s'est fait entendre. Je l'ai entendu moi aussi, mais ça ne m'a pas paru dangereux... Ça ressemblait seulement au bruit que ferait un rat sortant d'une poubelle. Pourquoi s'affoler pour si peu ? Il m'attrape par l'épaule pour m'emmener derrière un mur. De quoi a-t-il peur ? Je n'ose rien dire, jusqu'à ce qu'il me demande ce que je fais là. Logiquement, c'est la première chose qu'on demande quand on croise quelqu'un. Pourquoi avoir attendu d'être aussi effrayé ? Est-ce qu'il a un dédoublement de personnalité ? J'ai la sensation que ce n'est pas la même personne qu'il y a quelques secondes, c'est vraiment étrange. Mais lorsqu'il me demande si je sais pas que c'est le genre d'endroit où traîne l'armée pour s'occuper des personnes comme moi, je le regarde, légèrement abasourdie.

"Comme moi ?"

Si par "comme toi" il entend "mutants", il devrait se compter dans le lot, non ? Pourtant il a l'air de ne pas du tout se considérer comme étant à mon niveau. Okay, il fait partie de ceux qui vivent en ville, mais en quoi est-ce que ça le rend supérieur ? Il n'est pas censé se trouver dans ce genre d'endroits, pas plus que moi, enfin... je crois. Il éveille tout un tas de soupçons en moi. Je ne sais rien de lui en fait, je ne sais pas qui il est, je ne sais pas ce qu'il fait dans la vie, et je commence à être un peu méfiante. Je me recule d'un pas, j'ai soudainement peur que tout ça soit un piège dans lequel je me serais tout bonnement jetée. Je suis trop naïve, et le pire, c'est que j'en suis consciente. Mais souvent c'est trop tard. Sauf que là, le jeune homme me demande de rentrer chez moi. C'est une blague ou quoi ? Est-ce que c'est un faux semblant de compassion, est-ce qu'il essaierait de me protéger de quelque chose ? Ou bien est-ce qu'il se cache aussi et veut garder ce lieu pour lui tout seul ? Je ne comprends rien.

"Tu te fous de moi ? Tu crois vraiment que si j'avais quelque part où aller, je serais en train de traîner ici ? Tu me diras, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même si je suis à Seoul plutôt que d'être là où je devrais être, mais me demander de rentrer chez moi, là, maintenant, c'est un peu comme me demander de me rendre auprès de ces enfoirés de l'armée."

La méfiance me rend mauvaise. Je n'aime pas parler vulgairement et méchamment, mais je sens qu'il y a anguille sous roche. Je ne comprends pas, il doit savoir quelque chose. Un bruit de rat... Et si ce n'était pas ça ? Et s'il savait très bien ce que c'était ? J'ai besoin de savoir, de toute manière, je n'ai nulle part où aller, donc même s'il insiste, je ne quitterai pas cet endroit. J'ai décidé que j'y passerai la nuit, et si je sors je suis quasiment sûre de tomber sur quelqu'un du gouvernement. Il est beaucoup trop tard maintenant.

"Mais... t'es qui en fait ? T'es pas censé être quelqu'un comme moi ? Je sais qu'on n'a pas les mêmes conditions de vie, mais... je sais pas, t'es bizarre."

Je lui demande ça comme s'il allait s'installer, allumer un feu et me conter sa vie. Je peux toujours espérer, mais qui ne tente rien n'a rien. Mais j'ai pas le temps d'espérer une réponse de sa part que des voix se font entendre au loin. Des voix d'hommes. Ils sont tous pareils, on dirait des robots. Je reconnais les voix des soldats entre mille, on dirait des clones. Je n'ose plus bouger et tout de suite je m'imagine que c'est lui qui les a fait venir. Je me trompe peut-être mais je ne peux pas m'empêcher d'imaginer le pire.

"C'est toi qui les a fait venir ? Tu savais qu'ils étaient là ?! C'est pour ça que tu nous a fait venir derrière le mur ?"

Je commence à perdre les pédales, je suis angoissée, je n'avais rien vu venir. Je ne pensais pas tomber encore une fois sur les soldats, je commence à en avoir assez de les éviter, je suis incapable de les affronter toute seule. Le stress me fait perdre le contrôle de mon pouvoir et je me retrouve téléportée à quelques mètres, là où j'ai rencontré le jeune homme quelques minutes plus tôt. Je me rends compte que mon stress m'a mise à découvert, mais punaise qu'est-ce que je fais ? Je m'empresse de me téléporter à nouveau là où j'étais. Je m'accroupis.

"Punaise, pouvoir en carton. Je déteste perdre le contrôle comme ça... qu'est-ce que j'vais faire ? Je ne sais pas où aller..."
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Shin Aki
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Sam 2 Fév - 21:49

Je tentais clairement de la protéger de mes alliés. Enfin, allié est un bien grand mot. Plutôt connaissance de travail. Je ne les considéré pas comme des collègues et encore moins comme des camarades. Je ne suis qu’un mutant qui leur sert d’outil. Il ne me considère pas. Il ne me respecte que par mon nom. Pas pour qui je suis et encore moins pour quoi je suis. Je suis un mutant. Comme tous ceux qu’ils chassent. Je suis l’ennemi à soumettre. Bien que je leur fasse peur, je sais qu’ils me méprisent. Je sais ce qu’ils pensent des gens comme moi. Je sais ce qu’ils adorent faire aux Katharsis. Aux personnes comme Mei. Je sais que s’ils ont la possibilité de la faire souffrir avant de la ramener, ils le feront. Plus qu’une chasse pour eux, cela est un jeu. Un jeu dont ils se considèrent les maitres ultime et donc l’appât n’est que le divertissement. Cependant, je ne souhaite pas qu’elle devienne la victime d’un groupe de personne suffisamment stupides et sadiques pour la blesser à outrance. Un mutant dans la journée m’avait suffit. Elle ne passera pas par là. Encore moins quand je sais qu’elle connaît TaeJun. Imaginons un instant qu’il apprenne la situation… Je serai un homme mort si jamais je le recroise. Il n’aurait aucun regret à utiliser ses pouvoirs sur un homme qui a laissé une amie se faire capturer par des monstres. Alors oui, ma décision était toute prise. Et cela depuis un moment. Depuis l’instant où je l’avais tiré derrière un mur. Pour nous cacher. Pour nous mettre hors de vue. Juste le moment de lui dire de partir et de fuir sans se retourner. Si seulement j’avais réussi à me faire comprendre… Si seulement elle ne s’était pas méprise…

Je l’entends dire « Comme moi ? » d’une manière étrange voire interrogative. Oui comme elle. Une mutante. Et plus qu’une mutante, une Katharsis. Un de ces mutants se battant pour leur liberté. Pour ne pas se faire contrôler. Ces mutants qui étaient tout mon contraire. Moi qui vivait encore au crochet du nom de mon père. Moi qui vivait dans un confort incertain. Moi qui m’était soumis tel un chien. Oui, une personne comme elle. Pas comme moi. J’étais tout un contraire. Une différence si nette que personne n’aurait dû mal à nous distinguer. Et je l’entends parler à propos de rentrer. Et elle n’a pas tort. Rentrer mais pour aller ou à heure pareille ? Pour se jeter dans les bras de l’armée ? La faire sortir d’ici, c’est comme lui demander de se rendre. Mais en même temps, la faire rester ici, c’est carrément la livrer sur un plateau d’argent. Et que pouvais-je faire ? Ce n’est pas comme si je pouvais quitter les lieux soudainement sans prévenir les trois autres Lachesis pour l’escorter là où elle le souhaiterait. Et encore là… Je doute qu’elle me ferait assez confiance pour l’accompagner dans un lieu. Même si le but est d’éviter la capture. On était dans une foutue impasse. Et dans tous les sens du terme. Et ça me rendait fou de ne pas trouver une solution. De ne pas trouver quelque chose de parfait. Parce qu’il n’y en avait pas. Pas pour ce soir, pas pour de tout suite et pas pour nous deux. L’un de nous devait tomber le masque. L’un de nous allait se faire attraper. Sauf… Oui. Peut-être que s’il n’y a réellement pas d’alternative j’irai jusque là. Jusqu’à utiliser mon vide.

« J’ai une tête à me foutre de ta gueule ? Tu crois que si j’avais le choix, je ne t’aurai pas posé toutes ces questions ? » Les bruits se font plus persistants. Plus forts. Plus proches. Trop proche. Je détourne le regard un instant pour tenter de les apercevoir mais je ne veux être vu donc, finalement, je retourne mes yeux sur elle. Elle qui continue de parler. Va-t-elle donc s’arrêter ? Ce n’est pas que je ne veux pas l’écouter mais à force de faire du bruit, elle va nous faire repérer. Qui suis-je ? Devrais-je lui dire ‘Salut, je suis Aki, un Aegis niveau III, tu sais les mutants qui capturent des mutants pour en faire des esclaves du gouvernement’ ? Sincèrement que pouvais-je bien répondre ? « Je suis un mutant comme toi. Le reste, on est totalement différent. »

Soudain, plus que des pas ou des bruits distants, c’est leurs voix que l’on entend. Des voix qui se rapprochent. Toujours plus proches. Toujours plus profondes. Toujours plus stupides. On peut entendre d’ici leurs blagues stupides sur les mutants. Leurs propos dégradant et irrespectueux. On entend tout. À un tel point que cela fait peur. Peur de se faire voir. Et là, Li Mei panique totalement. Plus que je n’aurai pu l’imaginer. Je n’avais même pas prévu qu’elle dérape ainsi. Et pourtant, j’aurai dû l’envisager. C’était une réaction évidente.

« Je n’ai fait venir personne ! Je ne te dis pas de partir pour- » Mais alors elle disparaît. Comme ça. Un instant elle était là et maintenant plus rien. Juste comme un simple coup de vent balaye le sol. J’ai à peine le temps de cligner des yeux et de comprendre ce qu’il se passe qu’elle est de nouveau devant moi. Derrière le mur. Sur le sol. Mais en vue de sa réaction et en entendant ses paroles, je ferme les yeux. Et j’entends. Leurs sales voix rire de folie et d’amusement. « On en a trouvé une. » Le second s’esclaffe stupidement. « Elle s’est jetée devant nous cette idiote. » Et le troisième dérape. « Aki n’est pas là, on va pouvoir s’amuser un peu avant qu’il ne revienne ! » S’amuser un peu ? Je regarde Li Mei accroupit au sol et je me mets à sa hauteur. Je lui attrape les épaules et je tente de capter son regard.

« Oui, je les ai amené ici. Je suis un Aegis. Non je ne suis pas comme toi. Je suis un salaud qui ne se respecte même pas lui-même. Mais je t’ai demandé de partir. Pas de te jeter dans leurs bras. Tu ne sais pas ou aller ? Moi je sais. Tu ne me fais pas confiance ? Tu n’as pas le choix. Cependant, Taejun m’a épargné et j’ai encore assez de fierté pour lui rendre ma dette. » Je la tiens toujours par les épaules et j’essaye de la remettre sur ses jambes. Il faut qu’elle se lève. Il faut qu’elle puisse courir ou utiliser son pouvoir le temps que je termine le travail. Le temps que je nettoie le foutoir qui vient de s’installer. Le temps qu’elle puisse se mettre à l’abri. À ce moment là, les trois Lachesis sont là. Ils nous observent et ils comprennent. Si je n’ai pas donné le signal comme quoi j’ai trouvé un mutant, c’est que je l’aide. Et un sourire à la fois malsain et méfiant se dessine sur leurs visages.

« Je ne fais pas ça pour toi. Tu m’as mise à découvert. En plus, je déteste l’idée que l’on s’amuse sans moi. »

Et si ma première phrase est destinée à Mei, ma seconde l’est pour les trois autres. Pour leur signaler que j’avais tout entendu. Pour leur faire remarquer que je n’allais pas me laisser faire. Me plaçant devant Li Mei, je conserve ma main gauche sur son avant bras gauche. Je la tiens suffisamment pour qu’elle ne dessine pas de fuir et qu’elle soit une nouvelle fois à découvert. Et qu’importe si elle pense que je la tiens pour l’amener aux trois autres. Cela n’a jamais été mon intension.
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Yao Li Mei
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Dim 3 Fév - 19:40


Je suis perdue, totalement. Je viens de me mettre à découvert. Non... en fait, je nous ai mis à découvert. Mais ce n'était pas volontaire, j'ai perdu le contrôle, encore une fois, dès que je suis énervée et stressée, je me mets à me déplacer un peu aléatoirement dans l'espace. Et là, il fallait que ça se passe dans un moment aussi dangereux... Généralement, j'arrive à contenir mes angoisses, j'arrive à rester calme, j'ai quand même reçu un bon entraînement pour ça, mais pourquoi là, j'ai craqué ? Aucune idée. Mais l'autre mutant m'attrape les épaules, je sursaute. Il m'explique qu'il est un Aegis et qu'il les a effectivement fait venir ici. Et pourtant je sens dans sa voix que ce n'est pas tout. Encore une fois, j'ai accusé quelqu'un à tort. Il ajoute qu'il n'est pas comme moi... j'ai du mal à cerner pourquoi, mais admettons, et il commence à s'insulter. Il me reproche maintenant de m'être soi disant jetée dans leurs bras. Mais il est conscient que parfois les mutants perdent les pédales ? Ça ne lui arrive jamais d'être tellement à vif qu'il ne contrôle plus ce qu'il fait ? Il a toujours su maîtriser son pouvoir ? Si c'est le cas, j'aimerais bien qu'il m'apprenne comment faire, sérieusement.

Si je n'étais pas en si mauvaise posture, je crois que je lui aurais déjà envoyé mon poing en pleine face. Je sais pas pourquoi, mais c'est vraiment ce que j'ai envie de faire là. Mais il continue ce qu'il doit dire. Il semble savoir où je peux aller, c'est vrai qu'il connaît surement mieux la ville que moi, mais comment savoir si ce n'est pas un piège. Il dit que je n'ai pas le choix et que je dois lui faire confiance... S'il n'avait pas prononcé le nom de Taejun, il aurait pu aller se faire voir. Mais là je n'ai plus le choix. Je ne bouge plus, et j'essaye de me calmer. Je suis vraiment sur les nerfs, et si je continue, je risque de vraiment empirer la situation. Il m'aide ensuite à me relever, j'espère qu'il sait ce qu'il est en train de faire. Surtout lorsque les trois chiens de l'armée sont finalement dans notre champ de vision. Ou plutôt, c'est nous qui sommes à présent dans le leur. Mais très rapidement l'autre mutant se met devant moi tout en prenant soin de tenir mon bras. Il a visiblement peur que je m'échappe.

Sa dernière phrase a un réel impact sur moi. Je ne sais pas comment j'étais censé prendre ses paroles, après tout je suppose qu'il n'y a pas réfléchi. Ce n'est pas comme si nous étions amis et qu'il essayait de me brosser dans le sens du poil pour ne pas me blesser. Mais là, j'ai clairement la sensation d'être un boulet. J'ai l'impression de mettre dans le pétrin toutes les personnes que je rencontre. J'ai un pouvoir quasiment inutile. Pour l'infiltration et pour la fuite, c'est pas mal, mais dès qu'il s'agit d'attaquer, je ne peux que me fier à mes compétences en Taekwondo et encore, je ne suis que ceinture rouge, et je me retrouve parfois face à des adversaires qui sont bien plus balèzes que moi. Je suis vraiment faible et je comprendrais même qu'on me mette à l'écart si la guerre venait à être déclarée à nouveau. On me demanderait d'aller chercher des informations, de m'infiltrer dans des endroits impossible d'accès, sauf que même pour ça, je suis limitée.

Les trois hommes rient. On dirait que ça les amuse de faire ce boulot. C'est pour ça que je n'aime pas les humains, sauf exception. On dirait comme ça qu'ils n'ont pas de cœur, on dirait qu'on est de simples animaux qu'un chasseur abattrait sans se soucier de ce qu'il peut ressentir. Visiblement, l'autre mutant était un de leurs collègues. Je dis bien "était", car on peut lire dans leur regard et dans leurs attitudes, qu'ils n'ont même pas un seul regret à le voir "changer de camp". C'est même presque comme s'ils attendaient que ça pour pouvoir le descendre. Après tout, il n'y a pas besoin d'être un de leur proche pour comprendre qu'ils rêvent de descendre tous les mutants qu'ils croisent et que ça les fait visiblement bien chier que certains soient protégés sous prétexte qu'ils sont de leur côté. Ça me dégoûte. Mais ce qui m'embête le plus, c'est de voir qu'il essaye de me protéger finalement. Je lui ai craché toute ma haine en pleine face, mais je ne pouvais pas deviner. Il faut comprendre, c'est normal que je sois méfiante. Mais là, il se met devant. Il risque ça vie, et ça ne me plaît pas vraiment. Surtout que les trois autres ont l'air carrément doués. S'il arrive quelque chose à ce garçon, je serai incapable de lui sauver la vie et de le venger.

J'ai une idée en tête, mais je pressens qu'il ne va pas apprécier. Mais si ça peut nous faire gagner du temps voire même nous sauver la vie, je préfère tenter le tout pour le tout quitte à m'attirer les foudres du garçon. De toute façon, je crois qu'il m'en veut déjà bien assez de nous avoir foutu dans ce pétrin. Je me lance. Je tente de retirer mon bras qu'il me tenait. Puis je passe mes bras tout autour de son buste en me serrant contre lui. C'est toujours plus compliqué pour moi de me téléporter avec quelqu'un mais là c'est une question de survie. Je serai juste incapable de me téléporter à nouveau durant un bon moment. Logiquement, ce serait possible, mais étant donné qu'on va surement devoir courir, je n'espère pas trop. Je le serre fort, et je nous téléporte à quelques mètres plus loin, derrière un train. Logiquement, ils ne peuvent pas savoir où nous sommes allés et ça devrait nous donner un peu d'avance.

Ça y est, je suis essoufflée, mais je ne me laisse pas le temps de dire ouf une fois arrivés, et j'empoigne la main de l'autre mutant et met à courir. Il n'y a pas de temps à perdre. Je sais que ce n'est surement pas ce qu'il voulait. Il a dit détester que l'on s'amuse sans lui, mais je suis un peu ce qu'on appelle "un mutant fugitif". Je ne sais faire que ça, fuir et être lâche. On n'a plus le choix à présent, il faut courir ou mourir. On entame une course folle entre deux trains totalement abandonnés. Je n'aime pas du tout cet endroit, j'ai l'impression que quelque chose va sortir de nulle part d'un moment à l'autre...

Je n'en peux plus il faut qu'on s'arrête. Je regarde derrière nous, et ils ne semblent pas encore nous avoir retrouvés.

« Je crois qu'on les a semés... Je comprends pas, t'es avec eux ou pas ? »



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Shin Aki
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Lun 4 Fév - 10:52

Je suis en train de me mettre dans une situation plus que dérangeante. Je suis en train de me faire couler. Je suis en train de me vendre tout seul. J’aurai pu la laisser. J’aurai pu faire l’enfoiré et la capturer. J’aurai pu la ramener auprès du gouvernement. J’aurai pu faire tout cela. Pourtant, je n’ai rien fait. J’ai juste pris une décision qui correspondait plus au Aki qui vivait reclus au fond de moi, caché sous cette carapace d’abrutit que j’utilise souvent. Je crois que je suis fatigué. Fatigué de courir pour attraper des gens comme moi. Mei avait raison. J’étais censé être quelqu’un comme elle. Ce gouvernement foutait des puces dans le corps des personnes comme moi pour mieux les surveiller. Ce pays se pensait supérieur aux personnes comme nous. Pourtant, je l’aidais. Et pourquoi ? Parce que mon père m’avait élevé ainsi. Mon père m’avait dit qu’il fallait aidé la population. Il m’avait dit qu’il fallait les protéger. Que certains mutants étaient dangereux sans même le savoir. Que l’armée était là pour ça. Pour éviter les accidents. Mais plus je capturais et tuais et plus je me rendais compte que ce n’était pas ça. Non. On ne tuait pas parce qu’un mutant était dangereux pour ses pouvoirs mais pour le gouvernement en place. On ne capturait pas parce qu’un mutant était dangereux pour les autres mais parce qu’il pouvait être utilisé. Tout était un putain de mensonge. Et j’étais l’outil de ce mensonge. Pourtant… Je resterai. Pour aider des personnes comme Mei. Pour sauver ceux que je pourrai. Pour garder le confort auquel je m’étais attaché. Pour protéger mon frère d’une situation comme Mei. Car, si je ne suis plus là, personne dans le gouvernement ne sera là pour l’aider. Personne. Alors, je continuerai d’être un salaud. Je continuerai d’être un traitre à ma propre espèce.

Après avoir aperçu le pouvoir de Mei, j’avais compris qu’elle pouvait représenter gros pour l’armée. Qu’elle était une proie idéale. Mais plus je l’observais et plus je me disais qu’elle devait éviter cela. Je n’étais pas un saint. Je n’étais pas un héro. J’étais juste fatigué et dégouté. Et peut-être avait-elle de la famille qui l’attendait ? Si sa famille voulait la protéger, elle souhaiterait sûrement qu’une personne comme moi puisse le faire. Une personne assez indécise sur sa propre situation pour jouer au double agent sans réellement l’être. J’agissais par moi-même. Je n’étais ni une taupe ni un espion. J’étais juste un Aegis en qui le gouvernement croyait suffisamment pour pouvoir prendre des risques. Assez de risques pour fermer les yeux. Assez de risques pour protéger Mei aujourd’hui. Je sais qu’un jour je n’aurai plus la possibilité d’agir. Un jour, peut-être que des rumeurs se répandront. Et cela atteindra un jour mes supérieures. Ou pas. Je n’en sais rien. Je ne connais pas l’avenir et pour l’instant c’est le moindre de mes soucis. Mais un jour, que ce soit mon nom, ma réputation ou mes actions, je tomberai. Et je deviendrai enfin comme tous les autres mutants. Un jour, je serai mis au même niveau. Pourvu que cela soit le plus tard possible. Le temps que je puisse faire quelques infractions aux ordres que l’on me donne. Le temps que je puisse aider encore un peu de l’intérieur.

Je sens alors l’amie de Taejun se détacher de mon bras pour enrouler les siens autour de moi. Je n’ai même pas le temps de lui parler ni de rien dire qu’un instant plus tard on est derrière un train. Elle nous a téléporté. Loin des trois Lachesis. Loin du danger. C’est assez perturbant que mon esprit à dû mal à se remettre en route immédiatement. Si bien qu’elle m’attrape la main et se met à courir. Et je vois sur son visage la fatigue. Et j’admire le fait qu’elle continue de courir. Beaucoup se seraient arrêtés. Beaucoup auraient cru qu’ils étaient assez loin. Beaucoup auraient pensé qu’on ne les retrouverait pas. Et c’est justement ceux-là qu’on attrape. Plus rarement ceux comme Li Mei. Pourtant, malgré ce sentiment d’admiration, je ne peux m’empêcher d’être en colère. C’est sûr que pour elle, la fuite c’était la meilleure solution. Mais pour moi, c’est tout le contraire. Il fallait que je reste. Il fallait que je les élimine. S’ils rentrent vivants, ils raconteront tout. Et je serai un Aegis mort. Lorsqu’elle s’arrête, je la laisse parler bien que la frustration continue de monter en moi. Mais comment lui en vouloir ? Elle ne sait rien de moi. Ni qui je suis ni dans quel camp je suis.

« Oui, on les a semé… » Ma voix confirme d’un ton amer ses paroles. Je ne laisserai pas ma colère s’abattre sur elle mais la peur d’être découvert ne peut empêcher ma voix de me trahir. « Je suis un Aegis de l’armée. La fois où tu m’as vu avec Taejun, j’étais là pour le capturer. Ce soir, je suis là pour capturer les mutants qui ont la folie de se promener ici. Et je les accompagne. »

Mes mains montent à mes cheveux que je secoue lentement tout en tentant de réfléchir. À présent, on était à l’abri. Ils ne savaient pas où on était. Mais c’était bien là mon problème. Je devais les faire disparaître. Plus qu’autre chose, je devais les tuer pour qu’ils ne racontent rien. Ils étaient les preuves de ma culpabilité et je devais les faire disparaître. Laissant échapper un bruit de frustration, je repose mon regard sur la mutante sous mes yeux.

« Pourquoi tu n’as pas été plus discrète ?! Je sais pas moi, tu peux pas te téléporter en dehors de la ville ? Tu cherchais à te faire attraper ou quoi ?! » Je l’engueule inutilement car si elle avait pu faire tout ça, elle n’aurait jamais été ici. Mais je me retrouve dans une foutue impasse. Trois corps à faire disparaître. Trois corps à faire passer dans mon vide. C’est beaucoup. Ça va me pomper toute mon énergie. Surtout trois corps d’hommes. Deux ça m’épuise suffisamment mais trois… Sans intervalle et sans pause… Je relève le visage vers elle. « J’ai besoin de toi. »

Oui, j’ai besoin d’elle. Pour qu’elle m’aide à les faire disparaître et pour qu’elle m’aide après. Je sais qu’elle est épuisée. Je sais qu’on va ressembler à deux loques. Mais ma demande ressemble plus à une supplication qu’à une question. J’ai besoin d’elle pour ne pas être découvert. Quand ce sera fait, je l’aiderai à nouveau. Jusqu’au petit matin. Jusqu’à ce qu’elle puisse repartir auprès des personnes qui prennent soin d’elle. Mais avant ça, j’avais réellement besoin d’elle.
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Yao Li Mei
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Mar 5 Fév - 22:31


Je tente de reprendre mon souffle. J'ai passé ma journée à courir, et je n'ai pas été m'entraîner depuis un bon mois. Je n'avais aucune envie, aucune motivation pour ça. Je préférais rester dans mon lit de camp et ne plus bouger pendant plusieurs jours. Ou alors, quand je daignais me bouger, c'était pour aller faire des conneries avec mes amis ou embêter Taejun. Je ne suis pas vraiment déprimée ou quoi, c'est juste que je me dis que mon frère risque de m'attraper un jour ou l'autre. Je l'aime trop, et je sais qu'il pourrait me manipuler très facilement. Même si j'en suis consciente aujourd'hui et que j'envisagerai la possibilité, je ne pourrai m'empêcher d'avoir confiance en lui et de tomber dans son piège, si piège il y a. Mais en ce qui concerne mes actuels traqueurs, ils ne pourront m'avoir avec aucun stratagème. Du moins, au stade où on en est.

Aki confirme mes dires. Je pense que je peux le croire, s'il dit lui aussi qu'on est parvenu à les semer... J'ai envie de lui faire confiance à vrai dire, simplement parce qu'il est dans ma situation et qu'il faudrait vraiment être horrible pour cautionner totalement ce genre d'actes. Je ne sais pas pourquoi il fait partie de leur équipe, je ne sais pas pourquoi il ne se rebelle pas. En fait, je ne sais pas grand-chose sur le système Aegis, j'ai seulement entendu parler d'une soi disant puce électronique implantée dans leur corps, et après ça, rien. Soit, il a surement de bonnes raison de me traquer. Je ne veux pas les savoir, la vie des autres ne m'intéresse pas. Enfin, dans ce cas là, en savoir plus ne m'apporterait rien d'intéressant alors je n'ai pas envie de m'éterniser avec ses histoires, et de toute manière ce n'est pas dit qu'il soit d'accord pour m'en dire plus, alors comme ça, tout est réglé.

Je ne peux, pourtant, m'empêcher d'essayer de deviner. Travailler pour l'armée. Travailler pour le pire ennemi que l'on puisse avoir. Sa vie doit surement être épargnée grâce à ça, du moins pour un temps. Je pense que certains mutants dans la même situation que moi seraient capables de survivre plus longtemps que lui dans ce monde. Il suffit de savoir courir vite et ne pas faire de faux pas. C'est facile à dire, plus qu'à faire. Moi je parie qu'il ne me reste pas longtemps, du moins ma liberté risque d'être écourtée. Aujourd'hui, je serai surement sauvée, mais qui me dit que demain ce ne sera pas la fin. Tous ces efforts pour ça, ce serait tellement frustrant. Mais je donnerai toujours mon maximum pour être moi. Ce qui m'intrigue, c'est qu'il dit avoir affronté Taejun parce qu'il était censé le capturer, ce qui signifie, qu'ils ne sont pas amis ou quoi que ce soit dans le genre. Je dois avouer que je n'avais aucune idée de la nature de leur relation, ils se sont affrontés, certes, mais on le fait souvent au camp entre nous, pour s'entraîner.

Je sens peu à peu mes forces revenir, mais je suis pas du tout certaine d'être capable de me remettre en marche tout de suite. Lorsque je me suis téléportée avec lui, mon énergie a été complètement absorbée, mais en plus de ça, j'ai cru bien faire et j'ai légèrement forcé pour nous transporter un peu plus loin que prévu. J'étais trop angoissée, j'avais peur que si je n'allais pas aussi loin, ils nous retrouvent facilement. Mais bizarrement, je sens que ça ne fait vraiment pas plaisir à Aki. C'est vrai qu'il semblait partant pour les affronter... Maintenant que j'y pense, ils sont capables de le dénoncer à leurs supérieurs et il serait traqué lui aussi. Mais j'imagine qu'un Aegis en fuite a beaucoup moins de chance de survivre qu'un Katharsis. Il risque d'être accusé de trahison, et tout ça par ma faute. Je m'en veux soudainement, surtout que tout ça aura servi à rien. Si je veux l'aider, il faudra que je nous retéléporte vers là bas, et avoir récupéré des forces aura simplement été une perte de temps.

Le voilà qui me crie dessus, enfin c'est l'impression que j'ai. Il me demande pourquoi je n'ai pas été plus discrète. Si seulement j'avais pu me contrôler à ce moment là, je pensais qu'il avait compris que ce n'était pas volontaire. Je suis peut-être un peu naïve, mais je reste quand même consciente du danger lorsqu'il est évident. Et il n'a pas l'air de comprendre que les choses ne sont pas aussi évidentes qu'elles prétendent être. Il me demande pourquoi je ne me suis pas téléportée en dehors de la ville, mais pourtant il voit bien qu'avec une dizaine de mètres ou légèrement plus, je suis à bout de souffle. Comment pourrais-je me téléporter à plusieurs kilomètres de là ? J'avoue avoir du mal à comprendre de quelle manière il réfléchit. Il y a des absurdités qui parfois ne devraient même pas sortir de la bouche de qui que ce soit. Je n'ai même pas envie de répondre à ces questions stupides.

Lorsqu'il dit avoir besoin de moi, je comprends alors que ce que j'avais supposé était vrai. J'allais devoir retourner là bas, j'allais devoir nous téléporter jusque l'endroit d'où nous étions partis. J'hésitais à accepter de l'aider, mais finalement, on était un peu dans la même galère et si je voulais avoir une chance de survivre ce soir, j'allais devoir lui faire confiance et coopérer.

« J'ai bien compris que je viens de te mettre dans le pétrin... Comprends moi, j'ai paniqué, la seule chose à laquelle j'ai pensé, c'était de sauver ma peau. Mais je vais t'aider... »

Je prends une grande bouffée d'air, j'ai peur des conséquences d'une téléportation aussi importante avec un temps de repos aussi faible. Je m'accroche à nouveau à l'autre mutant tout en prenant garde à bien le tenir. J'ai toujours peur que, si je lâche, la personne reste coincée quelque part. Mais je verrouille bien mes bras autour de son corps et je pense à l'endroit d'où l'on vient. Il suffit à peine d'une seconde, si ce n'est moins, pour qu'on arrive à destination. Mais aussitôt arrivés, je le lâche et je m'appuie contre la paroi la plus proche. Oh non... la dernière fois que je me suis sentie comme ça, je me suis retrouvée dans un état pitoyable. Visiblement, c'est encore une fois le cas. Je me mets à cracher du sang et très vite, ma tête se met à tourner. Le me tiens le plus fort possible contre ce qui semble être un mur. Mais mes doigts faiblissent. Il fallait que ça recommence en dehors d'un entraînement. J'aurais dû écouter les conseils de mes coachs et ne jamais essayer de dépasser mes limites.

Je titube, je m'effondre, puis plus rien.



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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Mer 13 Fév - 14:20

J’ai toujours dit que le jour où mon heure viendrait, je ne m’y opposerai pas. Je deviendrai comme tous ceux que j’ai capturé. J’ai toujours dit que je ne chercherai pas à fuir. J’ai toujours dit que je laisserai les choses se passer. J’ai toujours dit que j’étais prêt pour ça. Mais maintenant. Pas aujourd’hui. Pas comme ça. Pas ici. Je n’avais pas encore retrouvé mon frère. Je n’avais même pas pu l’aider un petit peu. Je n’avais rien pu faire. Avant, je voudrai pouvoir retirer des informations importantes au gouvernement et les donner aux Katharsis. Avant, je voudrai pouvoir aider encore quelques mutants. Alors non, je ne peux pas me laisser capturer maintenant. Je veux pouvoir continuer d’être libre encore un peu. Juste l’histoire de quelques minutes. L’histoire de quelques heures. Je ne veux pas finir dans une salle à subir les coups de mon inattention. Je ne veux pas sentir les drogues tenter de changer toutes les pensées que j’ai protégées jusqu’à aujourd’hui. Je ne veux pas sentir ma peau se déchirer à cause de la curiosité d’autrui. Je veux continuer à être cet Aegis à double face encore un peu. Je veux pouvoir me promener à l’extérieur encore un peu. Sans surveillance. Sans ordre. Sans angoisse. Alors oui, je demande de l’aide à Mei. Il faut que l’on retourne là-bas. Il faut que je tâche mes mains de sangs nouveaux. Il faut que j’entende les cris de peur, de désespoir et de douleur lorsque leurs corps se feront aspirer dans mon vide. Ce n’est pas sans douleur que de mourir par mon pouvoir. C’est sentir sa peau se détacher lentement. C’est sentir ses muscles et ses ligaments perdre leurs attaches aux os. C’est sentir ses os se briser. Pour mieux rentrer dans le vide. Pour mieux disparaître. Et ne rien laisser. Ni cendre, ni poussière. Ni murmure. Ni larme. Rien. Et c’est en être conscient jusqu’à ce que le cerveau ou le cœur s’arrête. C’est ça mourir par mon vide. C’est ça que je déteste le plus faire. Mais aujourd’hui, je n’ai pas le choix. Soit je les élimine, soit on m’élimine. Dans ce genre de résonnement, la décision est vite prise. C’est manger ou se faire manger. Et sincèrement, je préfère être le cannibale plutôt que le repas.

J’aurai pu ne pas lui crier dessus. J’aurai pu lui expliquer calmement la situation. Lui dire que de leurs morts dépendaient mon avenir et ma survie. J’aurai pu lui dire que je n’étais pas aussi mauvais que je voulais le faire croire. Mais je n’avais pas le temps. J’avais bien trop peur qu’un des trois préviennent nos supérieurs. J’avais bien trop peur que mon vrai visage soit découvert. Que le fier, fiable et honorable Shin Aki, fils d’un haut gradé du gouvernement, ne soit en fait qu’un traitre. Mieux, qu’il soit en fait, un véritable sale mutant qu’il fallait contrôler. Non, je ne voulais pas de cela. Je ne voulais pas que l’on me colle une étiquette qui pourtant était vraie. Je voulais juste avoir le privilège de continuer ma route en évitant les obstacles les plus difficiles. Que m’importe que l’on me traitre de lâche d’un côté et de chien de l’autre. C’était ce que je voulais faire de ma vie. Tromper le plus de monde possible pour aider ceux que je pouvais. Pourtant, ce soir, c’était Mei qui devait m’aider. C’était elle qui devenait ma sauveuse. Je savais que je lui en demandais beaucoup. Beaucoup trop. Il suffisait de voir son corps. Il suffisait de voir ses yeux. La fatigue l’habitait comme un cercueil abrite la mort. Elle semblait sur le point de s’endormir d’une minute à l’autre. Pourtant, je lui demandais de faire marche arrière. Pour moi. Un inconnu. Un putain d’Aegis. Une saleté de soldat. Tout ce qu’elle fuyait, je lui demandais de l’aider aujourd’hui. Je ne savais pas vraiment si elle allait accepter. Elle était plus ou moins sauve à présent. Loin des trois Lachesis, il lui suffisait de courir une nouvelle fois pour être sûre. Pourtant, lorsque j’entends sa réponse, c’est tout le contraire de mes pensées qu’elle me donne. Non seulement elle accepte mais en plus elle explique son geste. Elle se justifie alors qu’elle n’en avait aucune raison. Et je l’admire encore plus. En quelques minutes, j’ai appris que cette fille était une drôle de personne à la personnalité plutôt coloré. Une personne qui s’emballe facilement et qui semble assez crédule. Mais une personne qui détient encore des valeurs. Une personne qui prend le temps d’écouter et de comprendre. Une personne qui prend le temps de réfléchir. Une personne qui agit avec son âme. Voilà ce que Mei était à mes yeux. Une personne qui possédait encore une âme. Une belle âme.

« C’est normal. Je fais ce que j’ai à faire et je t’aiderai après. Je ne te laisserai plus paniquer. Je suis Aki et quand j’ai finis mon problème, je t’aiderai à régler le tien. » Je lui donne un léger sourire en guise de promesse. Qu’importe ce qu’il se passera là-bas, j’élimine les trois Lachesis et je l’aide pour la nuit. Pour qu’elle ne finisse pas une seconde fois dans la soirée devant des Aegis de l’armée ou des Lachesis.

Je la laisse passer ses bras autour de moi et nous téléporter à notre ancienne position. Je la regarde me lâcher, vaciller, se tenir à un mur et finalement tomber inconsciente sur le sol. Cependant je ne bouge pas. Je la regarde simplement. C’était la téléportation de trop pour elle. Son pouvoir devait lui avoir bouffer toute son énergie. J’aurai pu me baisser et la ramasser. J’aurai pu m’assurer qu’elle allait bien. Mais je n’en avais ni la possibilité ni le temps. Devant moi, mes trois collègues avaient leurs armes pointées sur moi. « Aki Aki… T’as changé de camp ? » Un sourire amusé se dessine sur mes lèvres alors que ma main gauche reste pendante le long de mon corps mais se tend vers la Katharsis. Formant tout autour d’elle un vide de protection qui ne laissera passer ni liquide, gazeux ou solide. Un vide assez puissant pour que si vous tentez de passer la main, c’est tout votre corps qui se fait aspirer à l’intérieur. « Tu vas morfler quand on rentrera putain de mutant. On savait que t’étais pas normal. » Alors que l’un tire, la balle passe à travers mon vide et se fait aspirer. Et je sens la peur se dégager d’eux. Je sens l’angoisse monter jusqu’à leurs cerveaux. Mais il est trop tard. L’un fait un pas en arrière et n’a pas remarquer le vide que je viens de créer derrière lui. Et les deux autres le regardent se décomposer et se démembrer pour disparaître à l’intérieur. Ils tirent plus mais ma protection empêche tout corps solide de passer. Et tout en levant mes deux bras vers chacun d’eux, je crée un vide sous leurs pieds. Je peux entendre leurs os craquer et voir leur corps s’affaisser sur eux-mêmes. Je peux entendre leurs cris d’agonie avant qu’un ultime craquement retentisse et que leurs corps disparaissent. Je relâche mon vide, je me laisse tomber sur mes genoux près de Mei. Je regarde mes mains un instant avant de regarder la Katharsis. Je m’assoie à ses côtés pour me reposer. J’ai besoin de quelques minutes avant de pouvoir bouger. Et peut-être qu’elle sera réveillé d’ici ? Sauf si les hurlements de douleur l’ont déjà tiré du royaume des songes sans que je ne m’en aperçoive.
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Lun 25 Fév - 12:29


Ma perte de connaissance était largement prévisible. Même durant les formations, en étant moins que fatigué que ça, j'avais beaucoup de mal à rester sur mes deux jambes et à y voir clair. A quoi est-ce que j'ai joué en me retéléportant comme ça sans hésiter. Je le lui devais, c'est certain, mais parfois je devrais simplement être égoïste et penser à sauver ma vie. On était loin du danger, et j'avais encore un minimum de force pour rester consciente. Mais il a fallu que je me prétende capable de plus que ce que je peux réellement faire. Je me suis toujours montrée plus forte que ce que je suis réellement, car au final, ça m'ajoutait une certaine assurance. Mais il ne faut pas se leurrer, j'ai toujours été une des plus faibles de mon clan, et la seule raison pour laquelle ils m'ont gardée, c'est parce que la téléportation reste tout de même utile et qu'ils sont certains que je suis capable de faire autre chose. C'est possible. Et puis je sais me battre, ce n'est pas comme si j'étais juste là pour la décoration. Mais à quoi sert le Taekwondo lorsqu'on est incapable de tenir sur ses jambes ?

Ce qui m'a motivé à aller jusqu'au bout de ma démarche, c'est la promesse d'Aki. Il a dit qu'une fois qu'il en aurait terminé avec ses petites affaires, il m'aiderait. Je suis naïve, et le pire, c'est que je le sais. Qui me dit qu'il n'a pas prévu que je sois beaucoup trop faible pour réagir une fois de retour à notre position ? Qui dit que ce n'est pas une façon pour lui de m'attirer dans son piège. C'est probable. Mais je suis fatiguée, je n'ai pas envie de réfléchir, je ne veux pas penser aux conséquences. Je fais les choses car sur le moment elles me semblent bonnes, et pour le reste, j'avise. De toute manière, je ne saurai peut-être jamais ce qu'il s'est réellement passé car à peine la téléportation terminée, je me suis effondrée. A partir de cet instant, je ne voyais qu'un espoir complètement noir, dénué de toute vie. Mais j'entendais tout de même des voix, mais j'aurais été incapable de répéter ce qui était dit. C'était assez flou, j'avais suffisamment de force pour entendre une voix inconnue prononcer le prénom d'Aki. Je suppose alors que ces voix viennent de la réalité. Je tente d'ouvrir les yeux, mais ça me demande une force sur humaine. Le bon point, c'est que je suis à moitié consciente. Mes yeux s'entrouvrent, et je vois les trois hommes. Enfin, il n'y en a plus que deux à vrai dire, et ils semblent … incomplets ? Je referme mes yeux un instant car la lumière me brûle la rétine, puis je les rouvre, et ils ont disparu.

Je rêve sûrement, mon imagination me joue des tours. Je ne suis pas revenue à la réalité, et c'est pour ça que tout a l'air de n'avoir aucun sens. De toute manière je n'ai plus du tout de force pour garder mes yeux ouverts. Je retombe dans ce néant, je n'arrive plus à penser correctement. C'est un peu comme si je m'étais endormie, sans n'avoir plus aucune pensée, plus rien dans ma tête, si ce n'est ma voix. Je ne sais pas combien de temps mon absence a duré, mais je finis enfin par sentir la force de revenir à moi. J'ouvre les yeux, avec difficulté, mais je me bouge un peu. Je ne peux pas me permettre de rester sans vie ici indéfiniment. Tant que je ne serai pas dans un lieu sûr, ce n'est pas la peine d'y penser. Je ne sais pas ce qu'il en est des trois soldats. Je ne sais pas si j'ai rêvé ou quoi. Le seul moyen de le savoir c'est de demander à Aki.

Je me relève doucement, ouvrant mes paupières au même rythme. Je ne veux pas faire violence à mon corps, il a déjà assez souffert pour les derniers jours passés. Après quelque minutes à lutter contre le poids de la fatigue, je finis par reprendre conscience de ce qui se déroule autour de moi et je vois l'Aegis assis juste à côté de moi. Il semble exténué lui aussi... Je dois avoir loupé quelque chose, il a dû se battre, c'est évident. Je veux dire, c'est moi qui a effectué la téléportation, ça n'aurait pas dû le fatiguer autant, alors maintenant je me pose vraiment des questions quant à ce qui s'est déroulé.

« Aki ? Ils sont où les autres soldats ? Ils sont partis ? Tu t'es battu … ? »

Je ne vois aucun corps, ça signifie surement qu'il n'y a pas eu de sang. Même s'ils me veulent du mal et qu'ils n'hésiteraient surement pas à me tuer, je ne veux pas que qui que ce soit meure. J'ai déjà vu pas mal de personnes mourir sous mes yeux, et j'ai toujours été traumatisée. Je ne suis pas hémophobe, mais ça s'en rapproche.

« Ils vont revenir ? Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Je n'ai plus de force et je ne sais pas où dormir... Et toi, tu vas faire quoi ? Ils ne vont pas te considérer comme un traître ou quelque chose dans le genre ? »

Je suis inquiète pour ce que je vais devenir. Je ne peux pas m'empêcher d'envisager la possibilité de la tromperie. Peut-être qu'il joue celui qui est de mon côté pour avoir ma confiance et mieux m'attirer dans ses filets. Et comme je suis assez naïve et compatissante, ça marcherait du tonnerre. Le pire c'est qu'en plus de m'inquiéter de mon sort, je m'inquiète du sien. Oui parce qu'il a quand même l'air sincère et je ne sais pas qu'il va devenir après ça. Même s'il parvient à garder sa place, si jamais nous sommes amenés à nous revoir, comment est-ce qu'on devra agir ?

J'essaye de me relever pour m'asseoir. Mais j'ai beaucoup de mal, non seulement je n'ai plus de force nulle part, que ce soit dans mes jambes ou dans mes bras, mais j'ai également un mal de crâne terrible. C'est fou à quel point mes forces ont été épuisées. Je me demande parfois si un jour je serai capable d'utiliser mon pouvoir sans me fatiguer aussi rapidement. J'aimerais devenir vraiment utile et ne pas être une plaie après quelques actions. Quand je vois que certains sont capables de maîtriser le feu ou l'eau, alors que moi je ne fais que me déplacer... Je devrais être plus résistante. Je crois que c'est la première chose que je ferai quand je rentrerai au camp.



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Shin Aki
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Sam 2 Mar - 14:58

Je ne sais pas pourquoi je tiens tellement à tous les aider. Je veux dire… Ceux que je peux aider. Parfois, j’aimerai juste ne plus rien ressentir. Parfois, j’aimerai n’avoir aucun sentiment. Ne plus ressentir la peur, les remords et les regrets, la douleur, la colère ou la haine. Je voudrais juste éteindre tout ça. Si je pouvais appuyer sur le bouton de mon humanité, je l’éteindrai immédiatement. La vie serait bien plus simple. La vie n’aurait plus de saveur mais serait tellement plus facile. Je deviendrai juste le soldat que l’on attend de moi. Je deviendrai juste le militaire impitoyable qui tue sur ordre. Je n’aurai pas besoin de me dire que le soir je ne dormirai pas. Je n’aurai pas besoin de me dire que la nuit sera dure. Ce serait si simple. Si facile. Mais j’en perdrai tous les autres sentiments. J’en perdrai l’amour, l’amitié, la joie, la surprise, la folie, l’insouciance et tout ce qui me tient encore en vie. Je ne serai plus humain. Je ne serai plus Aki. Pourtant, je rêve de pouvoir m’endormir et de me réveiller sans tous ces sentiments. Alors quand ces corps disparaissent sous mes yeux, je sens qu’au fond de moi, je me perds. Je me détruis un peu plus. Mais je n’éteins pas mon humanité. Je m’éteins moi. Je sens mon âme crier à la folie. Oui, je suis fou. Fou de continuer à vivre un vie qui me dégoute. Fou de continuer ce double jeu qui me rend tout sauf humain. Fou de perdre lentement la raison. Je voudrai pouvoir arrêter. Je voudrai pouvoir avoir un choix juste. Mais dans ma tête, tout est devenu trop compliqué. Tout me fait bien trop peur. Et je préfère me raccrocher à la seule chose qui ne change pas en moi : qui je suis depuis des années. Shin Aki, le militaire et fils de son père. C’est bien la seule chose qui me permet de ne pas me perdre. La seule chose qui n’ait jamais changé.

J’observe la mutante reprendre conscience à mes côtés et je souris un peu rassuré. Je n’ai pas été parfait ni le meilleur gentleman. Je l’ai laissé inconsciente sur le sol et je ne l’ai pas touché pour la mettre confortable. Mais je crois que j’ai juste peur de trop pencher du côté Katharsis. Sans vraiment l’être. J’ai peur de ne plus savoir qui je suis. Un Aegis ? Un militaire ? Foutaise. Dès que je peux, j’aide Katharsis et autres rebelles. Dès que j’en ai le pouvoir, je prends mes propres choix et mes propres décisions. Alors, je la regarde ouvrir les yeux et je la laisse se relever seule. C’est cruelle et stupide. Mais ça me protège. Je me protège contre mes propres idées et mes propres peurs. Qu’importe au combien tout cela est stupide. Combien mes frayeurs sont infondées, je veux juste conserver un brin de raison. De cette raison qui me permettra de me lever le matin sans être engloutit par l’incertitude.

« Ils ne sont pas partis. Je ne me suis pas battu… Du moins, pas avec mes mains. Ils ont juste… » Non, ils n’ont pas juste disparus. Non, ils ne sont pas comme un coup de crayon que l’on regrette et que l’on efface avec une gomme. Ils étaient vivants. Ils étaient des humains. Pas les meilleurs, mais ils étaient vivants. « Ils sont morts. J’ai dû les tuer. »

Je ne suis pas parfait. Je ne suis pas un ange. Ou plutôt, je serai plus l’ange de la mort. Un ange dont la couleur pourpre aurait recouvert tout son corps. Je ne suis pas un homme sans cœur mais je devais faire ce que j’ai fait. Je devais mettre fin à leur jour. C’était soit eux soit moi. Et j’ai encore suffisamment d’estime et d’amour propre pour me choisir. Je suis peut-être sadique d’avoir fait un tel choix. Mais dans ce monde, si on est pas capable de faire ce genre de choix, on est un homme faible. Et les faibles se sont tuer par les forts. Et je ne suis pas encore prêt à mourir.

« Je ne serai pas considéré comme un traitre mais plutôt comme le seul survivant à une attaque. Et maintenant, il faut te trouver un endroit où rester. Au mieux, tu me dis jusqu’où je peux t’accompagner pour que tu puisses rentrer dans un endroit sûr. »

Je m’avance vers elle et je lui montre mon dos. De ma main gauche, je me tape l’épaule droite et je lui fais signe de monter. Elle n’avait plus de force ? J’en avais récupéré assez pour la porter un peu et l’aider à fuir dans un endroit sans danger. Je ne savais pas si elle allait me faire suffisamment confiance pour me laisser la porter, mais elle n’avait pas vraiment le choix. D’après ses dires, elle n’avait plus d’énergie et elle n’avait aucun endroit ou crécher. Je ne lui demanderai jamais de me dire où son repaire de Katharsis se trouve. Elle n’en dirait rien. Mais de nous guider vers un chemin, dont elle connaît la sûreté, pour qu’elle puisse atteindre son repaire, voilà ce que je lui demandais.

« Je sais que tu peux ne pas avoir confiance en moi. À ta place, je ferai la même chose. Mais, je dois te ramener dans un endroit sûr. Je t’ai fait une promesse tu te souviens ? »

Et surtout, je dois également rentrer au quartier général pour leur faire mon rapport. Trois morts, ça mérite un bon pour parler, de bonnes excuses et une justification sans égale. Je ne peux pas me permettre d’attendre trop longtemps. Sauf si je souhaite me retrouver avec des soupçons sur le dos. Mais ça, je m’en passerai plutôt bien. Les seules choses que je voulais à présent, c’était mettre la Katharsis en lieu sûr avant de rentrer à la base militaire. Plus vite cela sera fait, plus vite je serai moi-même écarté de tout soupçon.
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Yao Li Mei
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Dim 3 Mar - 20:03


Je voulais juste qu'il me dise qu'ils étaient partis. Je ne voulais pas savoir la vérité. J'arrive à un stade où savoir que des personnes sont mortes près de moi me dégoûte, mais vraiment. Le pire c'est qu'il n'y a aucun corps. Il n'a quand même pas pris le temps d'aller les cacher ou je ne sais quoi ? Il risque d'avoir de très gros problèmes avec ses supérieurs, si les corps sont retrouvés un jour, on verra ses empreintes. J'aurais préféré qu'ils me disent qu'ils étaient partis, qu'il avait réussi à mentir en disant qu'il se débarrasserait de moi tout seul. Mais non, la mort a encore gagné cette fois-ci. Ça me donne la nausée, le fait que je sois faible et tout ça, je me sens super mal.

Il m'explique qu'il ne sera pas considéré comme un traître mais seulement comme le seul survivant d'une attaque. Mais est-ce qu'il a réfléchi aux corps ? Ils vont bien finir par les retrouver. Ils ne sont quand même pas cruels au point de se foutre complètement de la dépouille d'un de leurs soldats quand même ? Je me demande d'ailleurs quel est son pouvoir. Au final, je n'en sais rien du tout, et comment je ferai pour le contrer s'il décide subitement de se retourner contre moi ? Il est vraiment mystérieux, je commence à avoir peur de lui. Est-ce parce qu'il a tué ces trois pauvres hommes ? Ils voulaient me tuer, c'est vrai, mais c'était leur boulot. Aki, lui, n'est pas censé tuer ses partenaires. Mais je ne sais rien de ses pensées, de son positionnement, et de sa réelle situation. Je ne sais pas ce qu'il compte faire. Peut-être qu'il me mène en bateau depuis le début, peut-être que je suis victime d'une illusion ? C'est peut-être ça son pouvoir.

Mais bon, il faut me trouver un endroit où dormir comme il a dit. Je ne sais même pas si les planques sont accessibles à cette heure-ci. Celle-ci évidemment, elle ne l'est plus. Celle du cinéma doit être fermée. Je sais qu'il y a la bibliothèque, mais il est hors de question de se rendre en plein centre ville à cette heure-ci et de toute manière, une bibliothèque, ce n'est pas ouvert le soir. Il ne reste plus que la vieille école et la déchetterie... Aucun des deux endroits n'est vraiment agréable. Entre un des lieux qui est infestés de criminels où la drogue fait la loi ainsi que la violence, et un autre endroit où il est quasiment impossible de survivre à cause de l'odeur. Je ne sais pas où aller... Je ne connais personne dans le coin, je ne sais pas qui pourrait m'héberger et puis je ne voudrais pas demander ce service à qui que ce soit de toute manière.

Il s'avance vers moi et me fait signe de grimper sur son dos. Je m'approche, de toute manière je serai incapable de marcher plus de dix mètres. J'espère juste qu'il arrivera à supporter mon poids, mais là, je ne peux pas dire non à son aide, je ne veux pas rester plus longtemps ici et je ne veux plus bouger, simplement me reposer. Il me dit que ce serait normal si je ne lui faisais pas confiance mais qu'il avait fait une promesse. Je ne sais pas, en effet, si je lui fais confiance. Et ce qui est sûr, c'est que là où je vais lui demander de m'emmener, je ne lui dirai pas que c'est une des planques de nous autres les Katharsis. Il reste à la botte du gouvernement, et s'il est un jour torturé ou je ne sais trop quoi, il pourrait parler. Je ne veux pas être à l'origine de tout ça, donc je ne dirai jamais rien, même s'il était mon ami. Je grimpe finalement sur son dos en utilisant les dernières forces qui me restent dans mes bras et mes jambes.

« Yah, tu veux pas être un peu plus petit, c'pas facile de grimper. »

Je dis ça, mais j'ai quand même réussi à lui grimper dessus du premier coup. Je me laisse aller sur son dos, je n'ai plus à forcer sur mes jambes, je garde juste mes bras bien accrochés autour de lui. Je laisse tomber ma tête pour la poser sur son épaule puis je ferme les yeux.

« Je connais seulement deux endroits qui ne sont, logiquement, pas connus des forces de l'armée. La déchetterie et une vieille école, les deux endroits sont dans la ville basse... Mais ce sont deux endroits... comment dire, qui ne donnent pas envie d'y aller. Tu es sûr de vouloir m'accompagner là bas ? »

Moi-même ça ne me donne pas envie d'y aller mais je n'ai pas le choix, il faut que je survive cette nuit. J'ai encore pas mal de choses à faire dans cette ville avant de retourner au camp Omega. De toute manière, même si je demandais à Aki de me raccompagner jusqu'au camp, il nous faudrait au moins jusqu'à demain soir avant d'arriver donc ce serait inutile. Je ne sais donc pas où il va préférer m'emmener, mais on commence à avancer.

« Tu sais, j'ai peur de toi. Je ne sais pas quel est ton pouvoir, mais tu as réussi à tuer ces trois mecs tout seul sans avoir une seule tâche de sang sur toi... Je ne comprends pas, et ça me fait vraiment très … peur … »

Je m'endors à moitié sur lui, mais je lutte pour rester éveillée, je risque de devenir trop lourde si je me laisse trop aller, et surtout je risque de tomber. Et puis j'aimerais qu'il me parle de son pouvoir. Peut-être que j'ai peur pour rien, mais j'aimerais en avoir le cœur net. Et puis je veux rester éveillée parce que je veux pouvoir contrôler là où il m'emmène. Si jamais il me trahit, je veux pouvoir réagir directement et m'enfuir, si je m'endors il pourra faire ce qu'il veut de moi. Surtout que... quand je dors, j'ai tendance à respirer fort, donc il le saura. De toute manière, la cadence de sa marche m'empêche de m'endormir complètement, j'ai beau somnoler, je finis toujours par rouvrir les yeux parce qu'un pas m'a surpris.



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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Sam 9 Mar - 18:55

Je l’entends me dire que ma taille est un problème et qu’elle a dû mal à monter sur mon dos. Je me surprends à rire de la réflexion mignonne. Je m’accroupie devant elle, c’est déjà pas mal. Je ne peux pas m’allonger non plus ! Mais je pense qu’elle dit plus cela pour me taquiner. Et comme preuve, elle grimpe du premier coup ! Elle n’a même pas eu besoin que je la tire par les bras ou autres. Je souris et je me redresse sur mes jambes. Passant mes bras sous ses jambes pour faciliter son équilibre et répartir son poids. Je me commence à avancer doucement tout en laissant ses bras entourer mon cou pour mieux se tenir. Je la sens alors poser sa tête sur mon épaule et je souris une nouvelle fois. Elle doit être vraiment fatigué pour faire cela. La plupart des gens que l’on porte sur son dos garde la tête haute pour observer le paysage, pour observer où vous allez, pour vous taquiner, vous embêtez en vous touchant les cheveux ou en vous soufflant dans les oreilles. Certes, ici le contexte était différent. Mais tout de même, c’était agréable de voir qu’elle me donnait assez de confiance pour agir ainsi.

Elle reprend la parole pour m’expliquer quelles sont les endroits qui ne sont pas connues de l’armée. J’ouvre un peu les yeux sous la surprise. Elle aurait pu me guider vers des endroits à côtés des lieux et ne pas me donner l’emplacement exact. C’était presque du suicide. Si j’avais de mauvaises intentions, il me suffirait d’attendre un jour ou deux pour lancer une embuscade dans les deux lieux. La déchetterie et la vieille école. Je pourrai allé vendre l’information à mes supérieurs pour me faire bien voir. Pour montrer mon attachement à l’armée. Pour leur dire oh combien j’étais un chien fidèle. Mais je n’étais rien de tout ça. Et je ne le ferai sûrement pas. Je n’en avais pas l’intention. De toute façon, je n’étais pas censé avoir aider la Katharsis ce soir. Et même si je voudrai vendre l’information, il faudrait que j’explique la disparition de mes collègues. Que je leur dise qu’en les tuant, je me suis attiré les faveurs d’une Katharsis qui m’a donné les informations. Et ? Et après ma conscience me tuerait. Je ne serai plus capable de me regarder dans un miroir le matin. Mon reflet me dégouterait. Alors, non, je n’avais pas de mauvaise intention. Et ce qu’elle venait de me dire restera dans mon esprit. Pourvu qu’aucun Aegis n’ait l’intension de fouiller à l’intérieur. Je l’entends me demander si ça ne me dérange pas de l’accompagner. Non. Je n’ai pas l’intention de la laisser se débrouiller seule et de partir faible pour parcourir la ville. Ce serait comme la laisser se faire capturer. Et après les meurtres que j’avais commis, ce serait comme gâcher les vies perdues de ces trois soldats. Ce serait stupide de ma part. Alors non, je l’accompagnerai jusqu’au lieu qu’elle jugera le plus approprié.

« Je serai un beau menteur si je ne tiendrai pas ma promesse. » Je la fais sauter légèrement sur moi pour réajuster mes bras sous ses jambes et je prends la direction de la ville basse. Là où elle m’a dit de la guider. « Et puis, tu n’es pas en état de faire un pas. Ne pas t’accompagner signifierait te faire capturer ici. »

Peur de moi. C’est logique quelque part. Mais ses actions sont en totale opposition avec ses paroles. Pourtant, cela reste assez logique. Elle continue de prendre mon aide car elle n’a as vraiment le choix. Sans pourtant m’accorder totalement sa confiance. Tuer trois personnes sans laisser de trace est ma spécialité. Je sers aussi de protection pour les grands de ce monde. Mon pouvoir me permet de créer un bouclier quasi parfait autour d’une personne. Rien n’y passe. Ni gaz, ni liquide, ni solide. Une protection encore plus solide que ma membrane protectrice. Membrane que j’ai stoppé aussitôt que la Katharsis fut sur mon dos. La sensation est désagréable pour la personne qui entre en contacte avec. On se sent légèrement et lentement aspirer, sans vraiment comprendre ce qu’il ce passe. Il faut un contacte prolongé pour avoir le même résultat qu’avec les soldats. C’est pour cela que je dors seul. Je ne peux pas toujours surveiller mes nuits.

« Il est normal d’avoir peur de l’inconnu non ? » Je tourne légèrement mon visage vers elle et je la vois en train de somnoler. Je souris avec attendrissement avant de reposer les yeux sur la route. Je tente d’avoir une marche plus régulière et moins perturbatrice. « Ne t’inquiète pas, si j’avais voulu te tuer, je l’aurai fait pendant que tu étais inconsciente tu ne penses pas ? Je ne te demande pas de me faire confiance mais juste de me croire quand je te dis que je ne te ferai rien aujourd’hui. »

Il m’a toujours été important de préciser quand je pouvais aider. Alors, je me devais de lui dire. Aujourd’hui je ne te ferai rien. Mais si demain tu me croises, fais attention. Aujourd’hui, j’ai pu te protéger mais peut-être que demain je n’en aurai ni le pouvoir ni la possibilité. Je suis horrible mais sincère : je ne ferai pas sauter ma couverture avant de l’avoir retrouvé. Avant de l’avoir protégé à la place de notre père. Je la capturerai s’il le faut. Je la livrerai s’il le faut. Pas aujourd’hui. Cependant, elle doit se méfier de demain et des autres jours. Je ne peux promettre ma sympathie et mon état inoffensif jusqu’à l’éternité ou jusqu’à ce que la mort m’emporte.
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MessageSujet: Re: C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei Lun 25 Mar - 22:39


Je ne sais pas si, finalement, avouer à Aki que j'avais peur de lui était une bonne idée. La fatigue et l'incapacité de faire quoique ce soit, me fait dire n'importe quoi. Ce sont pile les choses qu'il ne faut pas dire à un ennemi. Si j'ai peur de lui, il pourra plus facilement me manipuler et m'utiliser si besoin est. Mais je lui avais balancé comme si mon corps avait besoin de se débarrasser de cette vérité, comme si ça allait soulager ma conscience. Il faut dire que son pouvoir... c'est un tel mystère pour moi. J'ai peur de l'inconnu, j'ai besoin de choses concrètes pour être rassurée.

Je suis perdue entre deux sentiments bien distincts. D'un côté son visage, sa façon de se comporter, ce qu'il me dit... j'ai envie de lui faire confiance, je pense qu'il n'est pas une personne si mauvaise au fond. Je crois que si j'étais enrôlée par le gouvernement et que je me retrouvais obligée à faire partie de cette section s'occupant de retrouver les Katharsis, je le ferais simplement pour survivre et avoir le temps de me venger et de venger tous ceux qui auront trépassé. Je suis persuadée qu'il est de ce genre de personnes qui n'ont pas vraiment le choix. J'ai envie de lui trouver des excuses. Et je montre plutôt bien que j'ai une certaine confiance en lui en acceptant de grimper sur son dos. J'aurais très bien pu l'envoyer voir ailleurs et lui demander de me laisser ici, j'aurais pu me débrouiller seule, mais non, j'ai voulu saisir cette chance et lui en donner une. Mais il est vrai que d'un autre côté, à qui peut-on faire confiance dans ce monde ? Même mes propres voisins de chambres ne sont pas fiables à cent pour cents. Je ne dors jamais sur mes deux oreilles car j'ai toujours peur qu'un ordre qui vient de là haut fasse en sorte que je ne sois plus de ce monde. Je veux pouvoir me défendre. Alors oui, ce garçon, je ne lui fais pas totalement confiance et je reste sur mes gardes, à l'affût du moindre geste suspect.

C'était d'après lui une promesse qu'il tenait en me prenant sur son dos, qu'autrement je n'avais pas la moindre chance de survivre dans un tel lieux. Promesse ou non... c'était une preuve que toutes ces personnes ne sont pas dénuées de cœur. J'ai croisé pas mal de Lachesis ou d'Aegis de son niveau qui auraient préféré mettre fin à mes jours, me torturer ou n'importe quoi d'autre plutôt que de se péter le dos à me porter jusqu'à un endroit qui n'était pas vraiment une terre sainte pour eux.

Il ajouta que c'était normal d'avoir peur de l'inconnu. Normal, je ne sais pas, mais c'est une chose assez courante je crois. Je connais pas mal de monde dans cette même situation, il y a de quoi en même temps. Ce n'est pas comme si on vivait dans un monde peu souillé par la criminalité. Nous n'avons pas le choix. Ce n'est plus comme dans le passé où l'on travaillait pour vivre, aujourd'hui on tue pour survivre. Les mentalités ne sont plus les mêmes et nous avons peur. Si nous n'avons pas peur, alors c'est qu'on est fou et qu'on a abandonné les sentiments depuis longtemps. Toutes ces pensées me fatiguent, je ne veux pas m'endormir et pourtant je faiblis. Mais je dois rester éveillée afin de vérifier que je ne suis pas emmenée là où je ne veux pas et surtout, je dois le guider.

Il ajouta ensuite que s'il avait voulu me tuer, il l'aurait fait durant mon sommeil. Il marque un point. Ou alors c'est un sadique qui préfère tuer les personnes lorsqu'elles sont conscientes et qui aiment prendre le risque de la voir fuir pour ensuite la poursuivre. Ca existe, hein. Il expliquait aussi qu'il ne me demandait pas de lui faire confiance, je suppose qu'il a le même point de vue que moi sur ce qu'est la confiance. Mais il fallait que je le crois. Il fallait que je crois en lui pour cette fois. Et c'était bien utile de le préciser. Je ne sais pas si cette nuance était volontaire mais en moi ça résonnait très fortement. “Aujourd'hui”. Il était donc une personne dont j'allais devoir me méfier à l'avenir. J'ai déjà fait l'erreur de lui sauter dessus, d'être naïve, car je le pensais plus faible que ça et parce que j'ignorais tout de lui. Ce n'est pas une raison, je l'admet. Mais il me faisait bien comprendre que ce qui se passait ce soir était exceptionnel, et qu'à partir du moment où il me laisserait, nous ne serions plus dans le même camp.

« Je sais bien que nous ne sommes pas dans le même camp. Je me doute que tu ne pourras pas toujours me défendre et me protéger. Ce n'est pas ton rôle. Mais... »

J'hésitais à lui dire ce que je pensais. Je me demandais si le remercier était une chose à faire. C'était, après tout, une promesse qu'il m'avait faite. Est-ce qu'on est censé remercier les gens qui tiennent leurs promesses ? Je ne sais pas. Les remerciements ont beau être une forme de politesse, je crois que c'est aussi une forme de faiblesse. Au point où j'en suis, je ne suis plus à une faiblesse près, ou pas. Oh et puis merde, hein.

« Merci. »

Après ça, un silence s'installa entre nous. Je n'avais rien de plus à lui dire, et surtout je n'en avais pas la force. Nous n'étions pas des amis, et nous le deviendrons surement jamais, alors pourquoi engager une conversation ? Je crois qu'on avait fait le tour de ce que l'un et l'autre devions savoir sur chacun. J'ouvrais la bouche simplement pour lui dire quelle direction prendre lorsqu'on arrivait à un croisement. La route fut assez longue. Je crois qu'il nous a fallut une bonne heure avant d'arriver à la vieille école. Je sais que c'est un endroit mal famé, mais je ne voulais pas mourir intoxiquée par tout ce qui est rejeté à la déchetterie. Je lui fis signe de s'arrêter lorsqu'on fut arrivés à quelques mètres de l'entrée.

« Bon... »

Spoiler:
 



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C'était un soir sans histoire, une fin de journée au destin sobre ▬ Aki & Mei

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