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Remember. [MiRan&Aki]

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Shin Aki
AEGIS ▼ NIVEAU III
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MessageSujet: Remember. [MiRan&Aki] Dim 17 Fév - 15:56

Citation :

REMEMBER.

Take your decisions.




Yoo Mi Ran & Shin Aki.

2 avril 2049, Fin d'Après-Midi.

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Shin Aki
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Dim 17 Fév - 16:31

Cela faisait un petit moment depuis la fois où nous avions été affectés sur une même mission. Nous en avions fait entre temps. Mais chacun de son côté. Et cela faisait un petit moment que je n’avais pas eu l’occasion de la revoir. J’avais délaissé les locaux de l’armée au profit du terrain. La recherche de mon frère me bouffait la vie. Je ne pensais qu’à ça. Je ne vivais que pour ça. Et je savais que ce n’était pas la solution. Je n’avais donc pas eu l’occasion de la croiser lors d’entrainement ou dans des couloirs. À quand remontait notre dernière rencontre ? Sans doute plus de deux mois. Facilement. Pourtant, on avait été appelé pour être mis sur une mission. Et pas n’importe laquelle. Une mission d’assassinat. D’un homme. D’une humain. Un homme qui en savait trop. Un homme qui aidait trop. Un homme qui ne détestait pas les mutants. Un homme qui les aidait. Un homme qui nous aidait. Mais cet homme devenait une sérieuse gêne. Il cachait et aidait des mutants. Il devenait bénéfique à la rébellion grandissante contre le gouvernement. Et avant qu’il devienne incontrôlable, nous devions l’éliminer. MiRan et moi. Nous devions retirer la vie à cet homme qui protégeait les gens comme nous. Mais dans ce monde et avec MiRan avec moi, je ne pouvais pas jouer. Je ne pouvais pas faire l’ignorant. Je ne pouvais pas proposer la fuite. Je n’avais aucun choix. Je n’avais aucune sortie de secours pour cet homme. Aujourd’hui, je vais tuer. Encore une fois. Un homme qui ne le mériterait pas. Un homme qui n’a rien fait pour avoir un tel sort pour destin. Pourtant, je le ferai. Parce que si je ne le fais pas, quelqu’un d’autre viendra après moi et moi je finirais dans une de ces pièces d’un de ces laboratoires. Alors, ce matin, dans mon appartement, je m’étais préparé. Je m’étais habillé entièrement de noir. D’un jean noir, d’un tee-shirt assorti et d’un veste en cuir pareille. J’avais mis mon sabre dans mon dos et mon Beretta à ma cuisse. J’avais coiffé rapidement mes cheveux et j’avais pris un déjeuner copieux pour avoir assez d’énergie pour faire disparaître le corps. Car, vous vous doutez bien qu’un assassinat, ce n’est pas censé être su. Cet homme sera porté disparu. Cet homme va juste disparaître de la surface de la terre. Juste parce que des hommes hauts gradés l’ont décidé.

Je devais rejoindre MiRan à quelques rues du lieu d’habitation de l’homme. Et je m’y étais rendu à pied. Pour laisser moins de trace. Pour être beaucoup plus discret. Et tout en marchant, je me suis rappelé la manière dont je criais sur la jeune fille lorsqu’elle était trop obéissante. La manière dont elle s’effaçait pour mieux écouter ce qu’on lui disait. « Tu n’es pas un objet MiRan. Tu n’es pas un jouet ! T’as une personnalité non ?! Tu as des idées ? Tu peux fermer les yeux si tu en as envie ! » Elle pouvait dire oui par devant et faire ce qu’elle voulait par derrière. Il fallait juste le faire intelligemment. Il fallait juste que personne ne le découvre. Mais bien souvent, elle se calquait aux ordres qu’on lui donnait. Et ça me rendait fou. Fou parce que dans le fond, j’étais persuadé qu’elle ne faisait pas tout ce qu’on lui disait par envie. On lui avait appris. Et elle appliquait les ordres comme on les lui avait inculqué. Je sais que je n’ai pas eu à passer par là où elle était. Je n’ai pas subit autant de coup et de cris qu’elle. Pourtant… J’enrage quand je vois que je suis incapable de lui faire comprendre. Lui faire comprendre qu’elle ne doit pas s’oublier. Qu’elle doit continuer de vivre comme elle le voudrait et pas comme on voudrait qu’elle soit. Et cela a donné lieu à de nombreuses disputes. Ou du moins, à moi lui criant dessus. Comme un grand frère crierait sur sa petite sœur. C’est alors qu’en arrivant au point de rendez-vous, je la vois. Elle est déjà là. Toujours à l’heure. Je m’approche en souriant. Le temps n’est pas à sourire. On est là pour tuer. Mais nous sommes encore humain n’est-ce pas ? Qu’on nous laisse apprécier les quelques minutes de bonheur que l’on peut avoir avant une mission. Ce n’est pas beaucoup demandé.

« Jamais en retard et toujours la première Mi Ran. » Je lui tapote doucement l’épaule tout en la prenant délicatement dans mes bras. Je sais que le contact physique n’est pas une chose souvent appliquée. Qu’il aurait même tendance à être proscrit. Mais, je ne veux pas devenir un pantin. Et je ne veux pas que Mi Ran soit comme tel. Alors, je me soucie peu si je l’indispose. Tant que je peux l’aider à se retrouver un peu. Je croise son regard et je lui souris tristement. « Tu es prête ? » Cette question voulait dire, est-ce qu’elle avait bien copié toutes les informations dont on avait besoin. Cette question voulait dire : dis-moi comme procéder. Si je dois éliminer dès que l’on pénètrera dans la maison ou s’il faudra attendre. Dis-moi si l’homme et seul ou à plusieurs. Cette question avait pour but de faire partager rapidement les informations essentielles qu’elle avait copiées chez le Katharsis qu’elle avait touché.
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Yoon Mi Ran
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Dim 17 Fév - 22:13

Miran regardait le Katharsis se démener sur sa chaise. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour échapper à son sort. Il se tordait dans tous les sens et des gémissements étouffés s'échappaient de sa bouche obstruée par un bâillon. Ses bras et ses jambes étaient attachés à la chaise. Deux soldats maintenaient ses épaules et sa tête immobiles. Alors en vérité, il pouvait se débattre tant qu'il voulait, c'était complètement inutile. Tout ce qu'il lui restait, c'était son regard pour exprimer sa peur et sa haine. Ils avaient tous peur, à chaque fois, parce qu'ils ne connaissaient pas la nature du pouvoir de Miran et craignaient de souffrir. Miran elle-même n'avait aucune idée de ce qu'ils ressentaient quand elle copiait leur esprit. C'était sans importance. Et ils avaient tous le regard emplis de haine, aussi, surtout les Katharsis. Mais cela aussi, Miran s'en fichait. Derrière les deux soldats, un homme plus gradé lui fit un signe du menton. La jeune femme fit un pas en avant et effleura les tempes du Katharsis du bout des doigts. C'était comme ouvrir la porte de sa maison, l'endroit où on se sentait le mieux, pour y laisser rentrer un inconnu. Ça ne faisait pas mal, mais ça la mettait toujours mal à l'aise. Copier la mémoire et la personnalité d'une personne par-dessus sa propre personnalité... et ensuite, eh bien, tout se mélangeait. Dans ces moments-là, elle n'était plus tout à fait Miran, ou en tout cas pas seulement.

Elle recula et hocha la tête en direction du gradé. Elle savait tout. Non seulement des éléments de la vie personnelle du Katharsis, qu'elle mit de côté, absolument pas intéressée, mais aussi tout ce qui concernait leur cible, à Aki et à elle. Où il vivait, avec qui, ses habitudes, ses allées et venues. Ça n'était pas parfait parce que la source était secondaire, mais c'était suffisant. Elle répéta toutes ces informations aux soldats, sous le regard révulsé du prisonnier, qui venait malgré lui de trahir sa cause. Le gradé lui fit signe de partir et elle partit. Elle entendit le Katharsis gémir à nouveau dans son dos mais ne se retourna pas. Ce qu'il adviendrait de lui n'était pas son problème, même si elle était désolée pour lui, de façon déphasée, parce qu'elle se sentait un peu "lui" en plus d'être elle. Elle sortit du complexe militaire et partit à pieds. Elle avait pour seule arme un couteau dans son étui attaché dans le bas de son dos, que lui avait donné un soldat. C'était la seule arme que savait manier le Katharsis à qui elle venait de voler la mémoire, et maintenant, elle savait aussi s'en servir, pour au moins trois heures, jusqu'à ce que son pouvoir cesse de faire effet. Mais de toute façon, elle n'aurait sûrement pas à s'en servir. C'était aussi pour cela que cette mission s'effectuait en binôme. Elle savait qu'Aki avait dû recevoir ses ordres et la location du point de rendez-vous. Elle y arriva un peu avant l'heure et attendit, son regard scrutant la foule à la recherche du visage familier.

Elle le vit arriver, et lui sourire. Il n'y avait pas grand-monde qui souriait, dans ce monde, et surtout à elle. Elle lui rendit son sourire, un peu par mimétisme, parce que c'était ce qu'on attend d'une personne quand quelqu'un lui sourit, non ? Et puis, elle aimait beaucoup Aki. Il criait souvent, mais il l'avait toujours aidée et soutenue. Il avait une façon particulière d'obéir aux ordres, mais ça ne la dérangeait pas. Il voulait qu'elle soit moins obéissante et Miran n'avait rien contre, mais c'était tout simplement trop difficile pour elle. En fait, elle était prête à faire beaucoup d'efforts pour lui, parce que même si elle avait du mal à le montrer, elle tenait trop à lui et avait peur qu'un jour, il se lasse d'elle et l'abandonne. Sans lui, elle serait morte dix fois, pendant leur formation.

Son étreinte était étrange, mais pas désagréable. Elle laissa couler son commentaire sur l'heure du rendez-vous. C'était l'heure qu'on leur avait imposée, évidemment qu'elle était là à la bonne heure !

« Je suis prête. Suis-moi. »

Elle le précéda dans les ruelles jusqu'à la demeure de leur cible, une masure parmi d'autres, dans un endroit bruyant, ce qui n'avait rien d'étonnant compte tenu du quartier, bien sûr, où les cris, les bruits de bagarre et même des armes à feu étaient un fond sonore tout à fait habituel. Ils n'en étaient pas à leur première mission ensemble, Aki et elle. Ils avaient quelques habitudes, ne traînaient pas en route, se comprenaient à demi-mots. Miran s'arrêta à une vingtaine de mètres de la petite maison branlante, entre deux étals d'un marché noir qui se tenait là toute l'année. Elle fit semblant d'observer la marchandise du vendeur, qui fit à peine attention à elle, occupé à marchander de l'autre côté. Miran se tourna vers la petite maison.

« A cette heure-ci, il rentre chez lui. Il donne des cours à des enfants tous les après-midi. Il emmène son propre garçon à ses cours mais le laisse là-bas jusqu'au soir. Lui revient ici parce que tous les jours, à 18h30, sa maison sert de lieu de réunion à notre groupe. »

Elle avait dit "notre" parce que pendant une seconde, elle avait laissé la mémoire du Katharsis parler à sa place. C'était le genre de bug auquel les gens qui la connaissaient étaient habitués. Bref, ça leur laissait une petite heure. Une petite heure, pour tuer quelqu'un, un humain qui plus est, c'était beaucoup trop long. Quand les Katharsis arriveraient, ils ne trouveraient personne dans cette demeure. Miran effleura le bras d'Aki et jeta un coup d’œil rapide sur leur droite.

Leur cible arrivait. Il était seul, comme prévu. Il avait donc bien laissé son fils à l'école. Pas de femme connue. Pas d'autre famille connue. L'immeuble en ruine qui collait la maison sur la droite était censé être inhabité, ce qui dans la ville-basse voulait dire qu'il était squatté, par des gens qui n'en auraient rien à faire d'entendre des cris, ou pire. A gauche, une autre masure encore plus pourrie. Peu importait. Personne ici, n'aidait personne. Elle regarda l'homme entrer, refermer la porte derrière lui.

« L'endroit à l'air en ruines, mais il y a un digicode sous une plaque de bois à côté de la porte. »

Elle fouilla la mémoire du Katharsis. Se vit tendre la main, taper un code, qu'elle répéta à Aki d'une voix monotone. Et voilà, c'était aussi simple que ça. D'un pas tranquille, il traversèrent le marché et se dirigèrent vers la petite maison.
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Shin Aki
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Dim 17 Fév - 23:52

Les habitudes ça ne changent pas. Ou rarement. Mi Ran et moi, on en a quelques une à notre compteur. D’abord la parole. On ne se parle que pour aller à l’essentiel. Après les années d’entrainement, je pense que l’on a appris à lire les expressions sur le visage de chacun. Je crois que peu de mes mensonges marcheraient sur elle. Tout était une question de méthode et de compréhension. Mi Ran récoltait les informations, nous menait prêt de la cible et je faisais le reste. En cas de problème, le travail pouvait être divisé en deux. Mais je crois que cela ne nous est pas encore arrivé. Pour notre bien personnel. Après l’avoir salué, je l’ai suivi en passant dans le marché. Tout en étant derrière elle, j’observais sa manière d’agir. C’était à s’y méprendre. C’est comme si elle connaissait déjà le marché et qu’elle ne regardait pas pour découvrir mais pour voir si tout était comme avant. Mais, quand on connaît son pouvoir, on comprend. On comprend qu’elle est divisée entre la personne qu’elle est et la personne qu’elle a copiée. On comprend qu’elle agit par elle-même tout en raisonnant parfois avec l’esprit de l’autre. Quelque part, j’avais toujours eu peur qu’elle me copie par curiosité. Juste pour en savoir un peu plus sur moi. Mais je crois qu’elle ne l’a jamais fait. Par respect ou par manque d’intérêt, je n’en sais rien. Mais je bénis le ciel que ce jour ne soit jamais venu. Car, elle découvrirait bien des choses sur moi. Elle découvrirait que je triche sur une mission depuis des semaines. Elle découvrirait que j’ai limite pactisé avec un Katharsis. Elle découvrirait mon lien de parenté avec un Katharsis qui a tué mon père. Et ce qui me fait peur dans ça, c’est que je ne sais pas comment elle réagirait. Mi Ran n’est pas foncièrement méchante. Du moins, pas avec moi. Mais elle a été si bien formatée. Elle a été si bien éduquée que j’hésite à savoir si elle irait me vendre et me balancer à nos supérieurs ou à garder le secret. Le secret de ma traitrise. Le secret de ma trahison. Que ferait-elle ? Je n’en sais et c’est cela qui m’effraie. Pourtant, je ne peux m’empêcher de continuer de me satisfaire de sa présence. J’aime faire mes missions avec elle. J’aime m’entrainer avec elle. J’aime tenter de la faire agir par elle-même. Je veux juste… juste lui rendre l’humanité qu’on lui a volée.

Elle parle. Comme si elle avait vécu ce moment elle-même. J’ai l’habitude mais cela est toujours étrange de l’entendre parler ainsi. C’est comme si vous entendiez le diable parler de la bonté et de l’amour avec conviction. Je l’entends parler de la vie de notre cible et je me rends compte de l’horreur qu’on est sur le point de commettre. Je me rends compte de l’atrocité que l’on faire. L’homme que l’on est partit éliminer semble une bonne personne. Une personne qui aide son prochain. Une personne qui dispose d’un enfant. Une personne qui se soucie de l’avenir. Pourtant, Mi Ran et moi sommes venus jouer le rôle de la faucheuse. Non, je suis venu lui ôter la vie. Comme on me l’a demandé. Et le mouton que je suis va s’exécuter. Sans broncher. Sans tenter de trouver une autre solution. Comme un bon soldat à qui on donne des ordres. Je la suis jusqu’à la maison qui ressemble plus à une ruine sur le point de s’écrouler qu’autre chose. Et je vois l’homme arriver. Et je ne peux m’empêcher de me dégouter moi-même. Parce que dans moins d’une heure, cet homme aura disparu. Juste disparu. On ne retrouvera jamais son corps. Il n’y aura jamais de deuil possible. Il va juste disparaître comme s’il n’avait jamais existé. Sans laisser aucune trace. Même pas un simple cheveux. Et alors que l’homme rentre dans la maison, on s’avance comme deux chasseurs prêts à sauter sur leur proie. Elle me parle du digicode et je l’écoute tout en le tapant. Un simple déclique et on rentre à l’intérieur. La maison semble totalement différente qu’à l’extérieur. Chaleureuse et accueillante. Des couleurs chaudes et une bonne odeur de nourriture. Cette maison ressemble plus à un foyer qu’à une planque. Mais c’est un foyer qui accueille une planque. Je tourne ma tête vers Mi Ran et je lui fais comprendre qu’à partir de maintenant, c’est derrière moi qu’elle doit se tenir. Et on s’avance lentement à l’intérieur comme un chat qui se prépare à bondir sur ses maitres. Lentement mais sûrement jusqu’aux bruits qui proviennent d’une pièce. Une pièce qui s’avère être une sorte de grand bureau. Lentement, je prends mon arme dans ma main droite tandis que de ma main gauche je prépare mon pouvoir. Je pointe mon arme vers l’homme qui relève lentement la tête vers nous et qui semble comprendre lentement la situation. Il lève lentement les mains en signe de soumission mais cela ne fera rien dans son avenir. Je peux l’entendre supplier. Je peux l’entendre tenter de nous raisonner. Je peux l’entendre nous dire qu’il retirera nos puces de nos corps. Qu’on peut changer de camp. Qu’il nous hébergera et nous fournira de nouveau papier. Mais cela ne sert à rien. Il suffit qu’il croise nos regards pour comprendre. Alors, il change de discours et dit qu’il a un enfant. Un enfant qui ne devrait pas tarder à revenir. Je prépare mon pouvoir pour le faire disparaître dans mon vide mais le bruit de la porte d’entrée se fait entendre. Des bruits de pas se dirigent vers nous et j’observe un enfant. Un enfant qui ne comprend pas de suite la situation mais qui lorsqu’il tombe sur nos armes, assimile tout.

« Mi Ran, prends le gamin avec toi. » Je peux entendre le père se mettre à pleurer et à supplier. Je peux l’entendre se mettre à genoux tout en gardant les mains en l’air. Je peux l’entendre gémir de frustration. Je peux entendre sa peur. Je l’entends nous demander d’épargner son enfant. Et je regarde Mi Ran avant de retourner mon regard vers le père. « Je suis désolé. »

Mon regard ne se détache pas de l’homme alors que je termine de créer mon vide prêt de l’homme. J’ai juste à le laisser agir pour le tuer d’une manière horrible et douloureuse. Mais je n’y arrive pas de suite. Parce que les yeux du père me font penser à l’histoire de Taejun. Le père de Taejun n’était-il pas un père comme aujourd’hui ? Ne cherchait-il pas à protéger son enfant ? Et n’étais-je pas l’Aegis qui allait le tuer ? Et cet enfant, qu’allait-il penser ? Que penserait-il de nous ? Les meurtriers de son père ? Alors que je retourne mon regard vers mon amie, je vois qu’elle n’a pas bougé.

« Mi Ran, tu prends l’enfant. Pas pour le tuer ok ? C’est pas notre mission. Et ne me parle pas de cette merde qu’on t’a apprise. On tue pas des gosses. Évite-toi cette peine d’accord ? » Oui Mi Ran. Si tu tues cet enfant aujourd’hui, tu te perdras un peu plus n’est-ce pas ? Tuer un enfant, c’est pire que tuer un adulte. Un enfant, ça n’a rien demandé. Un enfant, c’est hors de tout. Et qu’importe ce que l’on nous a dit ou enseigner. Qu’importe s’il met notre mission en péril. Si tu tues cet enfant Mi Ran, tu seras encore plus une poupée qu’avant. Et je veux t’éviter ça. Je veux te prouver que tu peux prendre tes décisions. Que tu peux te détourner de ce que l’on t’a enseigné. Montre-moi que j’ai raison Mi Ran. Fais-moi un peu crier s’il le faut. Argumentons sur la question si nécessaire. Mais n’agit pas sans réfléchir. N’agis pas sans que tes sentiments entrent en jeu.
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Yoon Mi Ran
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Lun 18 Fév - 18:36

Le temps que Miran revienne à la réalité, Aki avait tapé le code et déverrouillé la porte. Bien sûr, c'était une bonne protection, bien cachée sous peine d'attirer l'attention. Oui, une bonne protection à condition qu'aucun ennemi, sous aucune condition, ne possède le code. Car sinon, quoi de plus facile et de plus discret que rentrer de cette façon chez quelqu'un ? La porte se déverrouilla sans bruit et ils entrèrent dans la maison, beaucoup plus accueillante à l'intérieur que vue de l'extérieur. Là encore, il s'agit de survie. Dans la ville-basse, personne ne peut se permettre d'afficher le moindre signe de richesse sous peine de se le faire arracher, mort ou vif. Miran observait les murs, les meubles, par les yeux du Katharsis dont elle avait volé l'identité. Elle voyait des fantômes aller et venir dans la maison, tous ces gens que l'homme réunissait autour de lui, aidait, cachait. Toutes ces fois où il leur avait donné de l'argent, des faux papiers, où il les avait hébergé. Toutes ces réunions à laquelle le Katharsis avait assisté, Miran s'en souvenait, comme si c'était elle qui y avait été. Le passé se superposait au présent. Elle ne contrôlait pas cet effet de son pouvoir, il fallait qu'elle attende, jusqu'à ce que l'esprit qu'elle avait volé s'évapore enfin de sa tête. Heureusement, il restait les réflexes du corps. Ceux qu'elle avait acquis à l'entraînement, à la dure, inscrit jusque dans son sang, retenus de force, et aussi l'habitude. Quand Aki lui fit signe de passer derrière lui, elle obéit aussitôt et en silence, et fit bien attention à rester à quelques pas en arrière. Elle connaissait la nature de son pouvoir. Elle savait aussi qu'il le contrôlait, mais l'armée lui avait appris de nombreuses règles fondamentales et l'une d'elle était : mieux valait être trop prudent que pas assez. Si, pour une raison ou une autre, Aki devait utiliser son pouvoir dans l'urgence et sur une surface plus grande que prévu, alors elle ne devait pas se trouver dans sa trajectoire. Encore une fois, ça n'était pas la première mission qu'elle faisait avec lui.

Ils débarquèrent dans le salon et l'homme y était. Il leva la tête, les vit. Miran était toujours étonné de tout ce que les humains pouvaient faire passer comme émotions dans leur regard. L'homme comprit tout de suite qui ils étaient et pourquoi ils étaient là. Il comprit tout de suite qu'il allait mourir, et son regard exprimait aussi l'espoir que quelque chose se passe. Qu'ils changent d'avis, peut-être. Qu'ils aient pitié. Deux choses qui n'arrivaient jamais à Miran. Quoi que... si, elle avait de la peine, souvent. Mais ça ne suffisait pas à la faire changer d'avis, voilà. Leur cible parla beaucoup, très vite, et les deux Aegis ne bougèrent pas, Aki, son arme à la main, face à l'homme, Miran en retrait, surveillant la porte. Et alors, elle vit l'enfant entrer. Lut l'incompréhension sur son visage, et la peur aussi. Il ne comprenait peut-être pas ce qui allait arriver mais la peur que son père ressentait déteignait sur lui sans qu'il puisse l'en empêcher. Dans ses vagues souvenirs, Miran se souvint qu'elle était comme ça aussi, enfant. Tous les enfants du monde étaient les mêmes. Ils pouvaient tout supporter mais craquaient quand les adultes craquaient.

Aki lui demanda de prendre l'enfant, de l'éloigner, et Miran supposa qu'il ne voulait pas tuer le père sous les yeux du fils. Cependant, elle hésita, parce que cela allait à l'encontre de tout ce qu'on leur avait appris. La fameuse règle, on n'était jamais trop prudent. L'enfant avait vu leurs visages et Aki, eh bien, elle le connaissait, elle savait qu'il ne pourrait pas tuer l'enfant, et l'enfant n'aurait plus qu'à raconter ce qu'il avait vu aux Katharsis. Et ce groupe-là était beaucoup. Bien sûr, une fois cet homme mort, ils seraient désorganisés, sans argent, ni planque. Mais le risque était grand. En tuant l'enfant, ils règleraient le problème. Miran entend Aki élever la voix. Il savait qu'elle était d'avis de le tuer. Mais que diraient-ils à leurs supérieurs une fois rentrés au QG ? Qu'ils avaient laissé s'échapper un enfant ?

Elle posa la main sur l'épaule du garçon et l'entraîna dans une autre pièce. Il se laissa faire, peut-être parce qu'elle était une femme et qu'il n'imaginait pas qu'elle puisse lui faire du mal. Dans le salon, elle savait ce qui était en train de se passer. Elle savait aussi ce que cela avait comme effet sur Aki. Il le lui disait tout le temps, qu'il faisait tout pour détourner les ordres, qu'il détestait tout ça. Elle laissa sa main glisser sur son couteau, le sortit de son fourreau. Les ordres étaient les les ordres. Et mieux valait qu'elle le fasse plutôt qu'Aki. Ainsi, tout serait parfait. Elle baissa les yeux sur l'enfant, qui la regardait sans comprendre.

« Je dois te tuer. Mais Aki ne veut pas que je te tue, et je crois que je n'en ai pas envie non plus. »

Elle s'agenouilla devant l'enfant et posa la pointe de son couteau contre son torse maigrelet, contre son sternum.

« Aki dit qu'on ne tue pas les gosses. Mais dis-moi, toi, en quoi seras-tu différent de ton père une fois adulte ? Est-ce que tu comprends pourquoi je dois faire ça ? »

L'enfant se mit à pleurer et à bredouiller des paroles incompréhensibles et Miran tordit la bouche. Non, bien sûr que non ce n'était pas agréable. Mais ce qui les attendait au QG le serait encore moins s'ils laissaient filer un témoin. Et puis, quelle vit attendait cet enfant ? Dans dix ans, il serait à son tour désigné comme cible à Aki et à elle, alors pourquoi attendre.

Elle entendit un bruit derrière elle et se releva, une main sur l'épaule de l'enfant, pour voir Aki dans l'encadrement de la porte. A son expression, elle sut qu'il avait fait ce qu'il avait à faire.

« Laisse-moi faire, maintenant. Tu as fais ta part, Aki. »

Et oui, quelque part, elle pensait vraiment lui rendre service.
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Shin Aki
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Lun 18 Fév - 20:08

L’homme semblait résigné à son sort. L’homme semblait d’accord avec son destin. La mort ne se choisissait pas. On ne choisit pas comment mourir. Et je sais que la mort que je m’apprête à lui donner n’est pas la plus douce ni la meilleure. Je sais qu’il va souffrir. Sans doute va-t-il hurler de douleur. Sans doute va-t-il crier jusqu’à son agonie. Mais je n’ai pas de contrôle sur la douleur de mes victimes. Et alors que Miran m’écoute tout en prenant l’enfant dans une autre pièce, je retourne mon attention sur l’homme. Je voudrais lui dire que je suis désolé. Je voudrais lui dire que moi aussi j’aide comme lui… à ma façon. Je voudrais lui que rien n’arrivera à son fils. Je voudrais lui dire que nous n’avons pas le choix. Mais à quoi cela servirait-il ? Est-ce qu’il partira plus sereinement ? Est-ce qu’il mourra sans regret ? Non. Sans doute pas. On ne meurt pas avec aisance quand on laisse un enfant dans un monde comme celui-ci. Ma main gauche se lève légèrement vers l’homme pour agrandir mon vide et le diriger vers l’homme. Mon honneur me force à regarder l’homme jusqu’au bout. Je peux voir la peur s’afficher sur son visage. Il vient de comprendre qu’il ne mourra pas par une arme. Pas avec mon arme à feu. Si je venais à utiliser mon arme, je laisserai des preuves. Des tâches de sang sur le sol, les objets ou les tissus. Et c’est une chose que je ne souhaite pas. C’est une chose que je refuse. Si je veux laisser l’enfant vivre, je dois m’acquitter convenablement de ma mission. Alors, je laisse mon pouvoir agir. Je laisse le vide attirer le corps de l’homme. Je peux l’entendre d’abord gémir avant de se mettre à crier quand son premier os se brise. Je peux voir la peau de ses bras se détacher lentement de sa chair alors qu’il continue d’hurler tout en suppliant. Tout en me suppliant d’arrêter cette torture. C’est bien pire qu’une torture quand on sait que ce n’est pas que la peau qui se détache. Quand sait que les muscles et les tendons font de même. Et que le but final, c’est de faire passer le code dans le vide que j’ai créé. Le processus de destruction, je ne le contrôle pas. J’aimerai pouvoir engloutir le corps en une seule fois. Mais j’en suis incapable. Mon pouvoir n’agit pas de la sorte. Mon pouvoir détruit lentement avant de détruire totalement. Les hurlements cessent finalement. Signe que l’homme vient de rendre son dernier souffle. Et Je peux voir le cadavre terminer de passer dans mon vide avant de me retrouver seul. Il n’y a plus de trace de l’homme. Ni corps, ni sang, ni cris. Il n’y a que le bureau et moi. Et je prends un temps de pause avant de bouger. Tuer n’a jamais été simple. Mais tuer un homme que je pense innocent est encore plus dur. Pourtant, je l’ai fait. Encore une fois.

Je range mon Beretta sur ma cuisse et je me détourne du bureau. Et je cherche Miran. Je cherche dans quelle pièce elle s’est dirigeait. Je ne sais pas ce qu’elle a décidé de faire mais le fait qu’elle m’ait écouté si facilement m’étonne un peu. Miran a toujours suivi les ordres à la perfectionne. Et notre mission disait bien « pas de trace ». Et cet enfant, c’est pire qu’une trace. C’est un témoin. Un témoin qui peut nous décrire, un témoin qui peut désirer se venger dans quelques années, un témoin beaucoup trop gênant. Ce genre de témoin, il faudrait l’éliminer également. Il faudrait le tuer comme son père. Mais j’en suis incapable. On ne tue pas un enfant. Pourtant… Je sais que Miran en serait capable. Parce qu’on le lui a enseigné. Parce que si on rentre en ayant laissé l’enfant vivant, nous passerons les journées les plus difficiles de notre existence. On sera accusé d’avoir désobéit aux ordres. D’avoir défié nos supérieurs. D’avoir été trop négligent. Voire d’avoir aidé ces rebelles en leur laissant une preuve de notre passage. Je sais que la peur de la punition à notre retour justifierait le fait qu’elle veuille tuer l’enfant. Ce serait une raison légitime. Se faire punir à l’armée en tant qu’Aegis n’a jamais été une partie de plaisir. C’est plus passer dans les mains du bourreau qui connaît exactement vos faiblesses et qui sait exactement comment vous briser. Alors, oui, Miran n’aurait pas tort de tuer l’enfant. Pourtant, je ne veux pas qu’elle ou moi le fassions. Je veux que Miran agisse plus avec son cœur qu’avec ses peurs. Et je doute que son cœur réclame la mort de cet enfant.

Je l’ai trouvé regardant l’enfant. Je n’avais pas eu l’occasion d’entendre ce qu’elle disait à l’enfant avant que j’arrive. Cependant, lorsqu’elle se releva et se tourna vers moi, j’ai compris sa décision. Il suffisait de suivre son bras pour trouver sa main déterminée posée sur l’épaule de l’enfant. Et lorsque j’entendis ses mots, je lui ai souris tristement. Que faisait-elle ? Que lui avais-je dit ? Qu’est-ce que je n’arrêtais pas de lui répéter depuis des années ? Posant mon regard sur l’enfant, j’ai vu le regard qu’il me donna. Un regard effrayé. C’était normal. Il avait sûrement entendu les hurlements de son père. Et il savait que c’était moi l’homme qui avait fait mal à son père. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que son père était mort. Souriant gentiment à l’enfant, j’ai relevé le visage vers Miran.

« Ma part s’était tué cet homme. Ta part c’était de nous mener ici. On a finis. On a tous les deux finis. »

J’ai tendu la main vers l’enfant et j’ai remarqué qu’il préférait encore s’accrocher à Miran. C’était ironique. Elle voulait le tuer mais il avait moins peur d’elle que de moi. Baissant lentement ma main, j’ai soupiré agacé.

« Je sais qu’il est un danger Miran. Mais ce n’est pas notre boulot. Ce n’est pas ton devoir ! Tu as le choix. Personne n’en saura rien. Il ne sait rien. Il a juste vu deux inconnus cambrioler sa maison. »

Oui, je lui proposais clairement l’idée qu’on saccage la maison pour faire croire à un cambriolage. Pour que, même si l’enfant raconte des choses étranges, on pense plus à un cambriolage. Après tout sans corps, il n’y avait pas de meurtre. Mais c’était une idée stupide. Une idée folle qui ne tiendrait pas la route. J’en étais conscient et Miran devait déjà le savoir. Pourtant, je ne la laisserai pas le tuer. Je sais qu’elle ne le souhaite pas. Je sais qu’elle préfèrerait avoir le choix. Et elle peut avoir le choix si seulement elle se donne un peu de courage pour agir avec envie.
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Yoon Mi Ran
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Lun 18 Fév - 22:13

Les hurlements qui émanent du salon ne firent pas frissonner Miran. Elle garda les yeux braqués sur l'enfant, observant sa réaction. En vérité, il ne comprenait pas grand-chose. Il ne pouvait pas se douter non plus de ce qu'était en train de vivre son père. D'ailleurs, ses cris étaient tellement horribles qu'ils ne ressemblaient plus du tout à des cris humains. Comment l'enfant aurait-il pu faire le lien entre ces bruits et son père ? Mais tout ça n'avait pas d'importance. Elle allait le tuer maintenant et Aki ferait disparaître son corps. Au moins, le garçon ne souffrirait pas comme son père. L'enfant avait à peu près son âge à elle quand son propre père avait disparu sans laisser de traces. Peut-être qu'un Aegis s'était chargé de lui et l'avait fait disparaître comme Aki était en train de le faire avec leur cible. Cette pensée aurait dû la révolter, bien sûr, et quelque part cela la força à s'avouer que même quand son père avait disparu, elle n'avait pas voulu mourir, elle avait été contente de pouvoir survivre, même si ça avait été pour être enlevée par l'armée quelques temps plus tard. Alors elle savait que l'enfant voulait vivre. Pour le moment, il pensait encore que son père l'attendait. Oui, c'était horrible. Mais des tas de contre-arguments allaient et venaient dans l'esprit de Miran. Si elle ne le tuait pas maintenant, quelqu'un d'autre s'en chargerait plus tard. Ou l'enfant deviendrait un ennemi et tuerait un compagnon Aegis un jour. Sans parler de la punition qui les attendait, Aki et elle, s'ils le laissaient vivre.

Quand Aki revint, elle avait pris sa décision, mais ne l'avait toujours pas mis en pratique. Elle voulait le tuer, mais gardait la main sur l'épaule de l'enfant qu'elle avait placé devant elle, son autre main tenant le couteau posé contre sa petite gorge d'enfant. Le Katharsis à qui elle avait volé l'esprit avait tué sa part d'êtres humains. Il savait parfaitement trancher une gorge. En une seconde, elle pouvait en finir. Et beaucoup de secondes s'étaient écoulées. L'expression d'Aki fit trembler sa main, plus que ses mots ou la perspective de le voir s'énerver comme il le faisait si souvent. Elle savait que ce sourire triste n'était pas pour elle. Dans le salon, un silence de mort avait pris la suite des hurlements. L'homme avait disparu. Son calvaire avait pris fin, et celui d'Aki commençait.

« Ils savent toujours. Ils savent toujours, Aki. »

C'était un véritable combat d'opinions et de personnalités. Il avait toujours été comme ça, à emprunter des chemins détournés, à tricher, à utiliser au maximum le peu de liberté qu'on lui laissait. Et elle, c'était tout le contraire. Ils avaient pris les mêmes coups pourtant, avaient subi le même entraînement, mais lui avait plié sans se briser alors qu'elle, elle s'était cassée en morceaux dès le début. Elle resserra sa prise sur l'épaule de l'enfant.

« Si c'était toi cet enfant, et que je te laissais vivre, tu me retrouverais et tu me tuerais. Si on ne se débarrasse pas de lui maintenant, il ne nous causera que des ennuis. On le paiera au QG, tout à l'heure, et on le paiera peut-être dans années si c'est un de ses flingues qui nous tue. »

Elle essayait encore de lui présenter des arguments terre-à-terre en sachant qu'il fonctionnait à l'émotion, lui, et que ça ne prendrait pas sur sa personne. En vérité, le fait que les ordres étaient les ordres suffisait à Miran, et elle ne comprenait même pas ce qu'elle attendait pour trancher la gorge de l'enfant, au lieu d'essayer de convaincre Aki, comme si son avis était important pour elle. Mais c'était bien ça, la vérité, son avis était important pour elle. Elle ne voulait pas qu'il la déteste, encore moins qu'il l'abandonne, et si elle tuait le garçon, il la détesterait. Plus que l'idée de tuer en enfant, et pire, de le faire parce que l'armée le lui avait ordonné, c'était l'idée de perdre Aki qui retenait sa main. Elle savait que ce n'était pas la bonne émotion qu'elle ressentait, qu'elle aurait dû penser à l'enfant et au fait de lui ôter sa vie et pas à Aki et à sa petite personne à elle.

Un cambriolage. Oui, bien sûr, l'enfant penserait peut-être à ça. Mais il avait entendu les hurlements de son père, sans les comprendre. Il ne mettrait pas longtemps à deviner. Et il parlerait aux Katharsis, aussi, qui se feraient un plaisir de lui expliquer ce que les sales Aegis avaient fait. Ah, comme elle détestait ça ! C'était tellement plus facile d'obéir aux ordres sans se poser de questions ! Pourquoi se torturer ainsi pour les autres, pourquoi se poser autant de questions ! Elle appuya un peu plus sa lame contre le coup du garçon.

« Je veux le tuer. Je veux dire, pas parce que j'en ai envie, mais parce qu'il faut que je le tue. On ne peut pas toujours faire ce qu'on veut, même toi tu ne peux pas. »

Ce qu'il venait de faire dans le salon était une preuve suffisant. Miran se laissa tomber à genoux derrière l'enfant, passant son bras libre autour de ses épaules pour le serrer contre elle, brandissant son couteau de l'autre. Elle ne quitta pas Aki du regard, sans savoir si elle le défiait de l'en empêcher ou si elle le suppliait de ne pas la détester.
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Shin Aki
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Mar 19 Fév - 15:19

Miran avait raison. Tellement raison. On ne peut pas toujours faire ce que l’on veut. On ne peut pas toujours agir à sa guise et selon ses envies. On ne peut pas toujours prendre les bonnes décisions. On ne peut pas toujours échapper aux ordres et au destin. Je savais qu’elle avait raison. Ils sauront. Ils sauront sans doute ce que l’on a fait. Ils apprendront tôt ou tard qu’on a laissé un enfant vivre. Et je ne pourrai m’empêcher de dire que ce fut ma décision et pas celle de mon amie. Mais je ne pouvais pas la laisser faire et agir. Je ne pouvais pas l’observer tuer cet enfant uniquement parce que nous n’avions pas des centaines de solutions. Ma conscience en pâtirait. Ma conscience se détruirait un peu plus si je la laissais faire. Ma conscience ne me laisserait plus dormir si je sais que je n’ai rien fait pour ce gosse. Ce gosse qui grandira sûrement comme Taejun. Ce gosse qui grandira dans l’optique de retrouver les deux assassins de son père. Elle n’a pas tort en disant qu’un jour c’est de sa main que l’on pourrait mourir. Elle n’a pas tort de dire que tout à l’heure, on vivra un enfer au QG. Je les entends déjà de là. Crier et hurler pour nos sentiments stupides. Pour notre conscience et notre morale. Nous les mutants qui ne devions rien ressentir. Nous les mutants qui devions agir aveuglement. Mais je ne voulais pas devenir comme ça. Je voulais encore pouvoir profiter de pouvoir avoir le choix. Je voulais encore pouvoir fermer les yeux quand je le pouvais. Et aujourd’hui, je voulais fermer les yeux. Mais pas pour laisser Miran tuer le gamin. Mais pour le laisser en vie. C’était au dessus de moi. Je sais que la discussion pourrait discuter des heures et que je ne changerai sans doute jamais d’avis.

Elle garde le couteau contre le cou de l’enfant. Un enfant qui est aveuglé par ses larmes de peur. Peur parce que même à cet âge on sait qu’un couteau ça fait mal et ça permet de tuer. Et mon cœur se brise un peu plus. Comment notre monde est-il devenu pour que nous soyons obligés de tuer des enfants ? Comment sommes-nous devenus pour que l’on nous enseigne ça ? Et je regarde Miran. Je sais. Je sais que ce n’est pas par envie qu’elle fait ça. Je sais qu’elle pense que l’on n’a pas le choix. Je sais qu’elle ne veut pas passer les heures et les jours les plus douloureux de sa vie à son retour au quartier général. Mais je sais que même si je la comprends, je ne peux pas accepter qu’elle tue un enfant. Cela ne me dérangerait pas qu’elle égorge un homme ou une femme maintenant devant moi. Elle ne ferait que ce que je viens de faire à notre cible et victime. Je sais qu’elle tente de m’aider en agissant. En tuant à ma place. Ce n’est pas son rôle que de tuer aujourd’hui. Aujourd’hui elle est l’informatrice et je suis l’assassin. C’est moi qui devrais être à sa place. C’est moi qui devrais tenir le couteau contre ce petit cou. Et je sais qu’elle tient cette lame pour m’épargner cette peine. Je sais qu’elle m’aide. Mais je ne peux pas. Je ne pourrai jamais assister au meurtre d’un enfant sans rien faire. C’est contre tous les principes qui me permettent de tenir debout sans perdre mes esprits et devenir fou.

« Miran… S’il te plait. Ne me forces pas à crier. Ne me forces pas à gueuler. » Je la regarde, elle qui s’est mise à genoux tout en resserrant sa prise sur l’enfant. Elle me regarde tout en levant le couteau et je détecte la détresse dans ses yeux. Je ne sais pas qu’elle type de détresse elle me montre. Mais je sais que je suis encore plus dégouter de nos supérieurs. Je ne veux pas qu’un dilemme se forge en elle. Je ne veux pas qu’elle souffre pour un acte qu’elle ne devrait pas commettre. Peut-être a-t-elle déjà tué des enfants lorsqu’elle était en mission sans moi ? Je m’en fou. Je ne peux pas. « ARRÊTE ! »

Je me rapproche rapidement d’elle avant qu’elle ne termine son acte. Je veux saisir son couteau. Je veux l’attraper avant qu’il ne touche l’enfant. Alors j’attrape son poignet d’une main pour l’arrêter et de l’autre j’attrape la lame à pleine main. Qu’importe si je m’ouvre la paume. Le sang coule le long de mon bras avant de se faire aspirer par la membrane protectrice du vide qui recouvre continuellement mon corps. J’arrache le couteau de sa main et je le balance dans un portail de vide que je viens de créer.

« Ce n’est pas à toi d’effacer les traces aujourd’hui Miran. C’est mon rôle et si je dis que ce gosse n’est pas une trace, il ne l’est pas ! » J’attrape l’enfant et je le détache de ses bras pour le prendre dans les miens. Je le prends dans mes bras en le soulevant du sol. Et je me rends compte que je n’ai pas de solution. À présent que je l’ai dans les bras, qu’est-ce que je vais en faire ? Ou est-ce que je vais le mettre ? Mon regard remplis de colère et de frustration se plonge dans celui de mon amie. « Je ne peux pas Miran. Même te regarder le faire m’est impossible. Je sais qu’il est une menace bon dieu ! Je sais qu’il viendra nous tuer dans quelques années. Mais… je l’aurai mérité. »

Je ne voulais pas en arriver là. Je ne voulais pas lui dire ce que j’avais sur le cœur. Je ne voulais pas lui dire que la mort par les mains de cet enfant ne me faisait pas peur. Je ne voulais pas lui que la mort par une personne comme lui me semblait juste. Je ne voulais pas qu’elle le sache. J’ai toujours voulu paraître fort et déterminé devant elle. J’ai toujours voulu lui montrer la lumière dans la noirceur. Mais là, en lui disant cela, je lui montre que je ne suis pas infaillible. Je lui montre que mon attachement au gouvernement n’existe pas. Je lui montre que je me dégoute suffisamment pour ne pas résister à une mort future si elle vient d’un enfant comme lui.
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Mar 19 Fév - 20:21

Quelques part et malgré sa supplique, Miran voulait qu'il crie. C'était un peu une routine pour eux, même si ça devait plus le fatiguer lui que elle. Et puis sans ça, elle savait qu'elle irait jusqu'au bout. Elle était tout entière aux ordres de l'armée et des Lachesis, pas par envie, mais pas non plus forcée. Après tout, elle aurait pu faire comme Aki, faire comme ces autres Aegis qui se rebellaient, au moins un peu. En vérité, quiconque lui donnait des ordres avait des chances de se faire obéir par Miran, simplement parce qu'elle était un peu comme une coquille vide. Si elle ne faisait pas ce qu'on lui disait, à quoi est-ce qu'elle servait ? Mais oui, les cris de Shin avaient le pouvoir de la faire changer, au moins un peu, au moins pour un court instant. Parce que la peur qu'il l'abandonne ou qu'il la méprise, petit à petit, devenait plus forte que la peur qu'elle avait de l'armée. Du temps de l'entraînement, quand elle se laissait tomber au sol sans plus aucune volonté, prête à mourir plutôt que continuer à vivre cet enfer, il n'y avait que lui qui parvenait à la faire se relever. Alors peut-être que quelque part, égoïstement, elle espérait qu'elle le pousserait assez à bout pour qu'il l'empêche de tuer l'enfant. Pour que la survie du gosse ne dépende pas d'elle, mais de lui. Pour qu'elle n'ait pas à prendre cette décision, mais qu'elle y soit forcée. Oui, c'était ainsi qu'elle fonctionnait. Et quand sa main se leva pour enfoncer la lame dans la chair de l'enfant, elle n'avait aucune intention de s'arrêter.

Mais finalement, Aki fut sur elle en trois pas. Il retint son coup d'une main, retint sa lame de l'autre, elle vit avec fascination le sang jaillir, puis disparaître, de même que son couteau. On pourrait croire ainsi qu'il n'était pas blessé, mais elle savait que ce n'était pas vrai. Elle le laissa prendre l'enfant, se contenta de rester à genoux au sol, croisant les bras contre sa poitrine. Eh bien, oui, voilà. Elle n'allait pas arracher le garçon des bras d'Aki. Et il avait pris la décision. Que pouvait-elle faire de plus ? En sachant que c'était une mauvaise idée, qu'ils le paieraient au QG et peut-être, si le destin était joueur, plus tard dans quelques années, elle allait laisser Aki emporter cette manche-là. L'enfant pleurait contre lui, lui jetant des regard terrifié auxquels elle répondit par un regard froid. Peut-être bien qu'il deviendrait un Aegis, au final. Peut-être bien qu'il développerait des pouvoirs bientôt, et qu'il serait capturé, formaté, entraîné. Voilà un destin qu'elle ne lui souhaitait pas. Il aurait mieux fait de mourir. Mais quand elle y pensait, quand elle pensait à sa propre situation, malgré tout ce qu'elle avait subi, elle était plutôt contente d'être en vie.

« D'accord. Laisse-le partir... »

Comme s'il avait besoin de son accord pour ça. Mais sa dernière phrase, lâché presque avec désespoir, trouvait un écho particulier chez Miran. Si l'enfant tuait Aki, ce dernier l'aurait mérité. Ça prouvait à quel point Aki détestait ce qu'il était, ou au moins ce qu'il faisait. Miran voyait plus ça comme le hasard. Elle avait moins de sensibilité que lui, c'était sûr. Si on suivait la logique de son ami, alors du point de vue de Miran, tout le monde faisait du mal à tout le monde et tout le monde méritait de mourir. Il n'y avait pas de passants innocents, tout le monde dans cette nouvelle époque était un criminel. Ou un criminel en devenir, comme ce gosse.

« Tu ne mérites pas de mourir. Tu fais ce que tu peux avec ce qu'on t'impose, pourquoi est-ce que tu devrais être puni ? »

Elle se releva et passa une main dans ses cheveux d'un geste désinvolte. Le jour où elle mourait, son heure serait venue, mais pas parce qu'elle l'aurait mérité. Simplement parce que c'était comme ça. Et en attendant, quelqu'un d'autre était mort aujourd'hui, qui n'avait pas non plus mérité son sort, mais encore une fois, les choses étaient ainsi. A ne jamais combattre son destin, Miran s'épargnait de difficiles tortures mentales, elle en avait conscience, plus que jamais en écoutant Aki, qui lui était au supplice. Elle n'avait pas l'habitude de le voir ainsi, de l'écouter dire de telles choses. Et elle ne savait pas quoi faire pour l'aider, vu que c'était toujours lui qui l'aidait et pas le contraire. Elle abaissa les paupières, puis braqua le regard sur l'enfant.

« Minki, attends ici sagement. Jae Hwan s'occupera de toi. Tu n'auras qu'à tout lui raconter. »

C'était le Katharsis en elle qui parlait. Le gosse s'appelait Minki, et Jae Hwan était une sorte de leader Katharsis du coin, qui réunissait ses amis dans cette maison. Ils arriveraient bientôt. Aki et elle devait partir, parce que s'ils étaient pris ici, alors Aki devrait se servir de son pouvoir de façon beaucoup plus destructrice que tout à l'heure. Miran prit l'enfant des bras d'Aki et Minki se mit à hurler. Elle le lâcha aussitôt, le laissant tomber par terre, ce qui eut pour effet de le faire taire, même si du coup il la foudroya du regard. Eh bien voilà. Plus vite il se mettrait en colère, plus vite il les haïrait, Aki et elle, et plus vite il se trouverait une raison de vivre.

Elle passa un bras sous celui d'Aki et l'attira hors de la maison, alors que toutes les cellules de son corps lui hurlaient d'y retourner et de briser la nuque du gamin parce que c'était mal, mal, ce qu'ils étaient en train de faire - un point de vue paradoxal. Elle sentit une pellicule de sueur froide se plaquer sur sa peau à peine eut-elle fait un pas dehors, écrasée par le poids de ses actes. Elle avait désobéi, et ce soir... Elle se concentra sur sa tâche du moment, à sa voir les amener, Aki et elle, au coin d'une rue un peu plus loin, où les gens allaient et venaient ou tournaient en rond au milieu des étals.

« Inutile de leur mentir, tout à l'heure. Je pense toujours que tu ne mérites pas de mourir, mais on aura mérité ce qui nous attend quand on leur aura fait notre rapport. »

Elle attendait, espérant qu'il se reprenne, tout en ayant conscience qu'elle aurait dû faire plus que ça pour lui.
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Mer 20 Fév - 18:33

Elle se résignait. Elle se résignait au choix que je faisais. Elle m’écoutait et elle acceptait. Elle aurait pu refuser. Elle aurait pu agir sans mon consentement. Je n’étais pas son supérieur. Je n’étais pas habilité à lui donner des ordres. Pourtant, elle suivait mon choix. Et pour ça, je la remerciais. Pour ça, je lui souriais. Parce qu’elle m’évitait de crier, de me battre et de me disputer avec elle. Elle m’évitait cette peine. Elle m’évite de me battre avec notre humanité. Mais j’en prendrai les responsabilités. Je prendrai les responsabilités de cette décision. À notre retour, j’annoncerai moi-même ce qu’il s’est passé. Je dirai que Miran était contre cette décision. Je dirai la vérité : que je l’ai empêché d’agir. Et même si je sais qu’ils la prendront quand même pour coupable, elle recevra moins de punition que moi. Elle sera moins coupable que moi. Je ne veux pas que les répercutions de ma décision lui tombent dessus. Aujourd’hui, j’étais l’assassin. Et j’étais celui qui avait fauté. Et Miran ne prendra pas à égal les conséquences. Je me foutais bien de ce qu’il adviendrait. Ils savaient. Ils savaient que j’étais faible face à des enfants. Ce n’était pas la première fois. Mon père leur avait répété des centaines de fois que j’en serai toujours incapable. Ils étaient avertis. Et qu’importe les coups et les cris de ce soir, cela ne changera rien à ma manière de penser ou d’agir.

Ce qu’elle dit par la suite me choqua un instant et me fit sourire de bonheur. Miran, tu n’avais pas totalement perdu ta personnalité et tes idées n’est-ce pas ? Sinon, tu ne me dirais pas cela. Tu ne me dirais que je fais comme je peux avec ce que l’on m’impose et que cela ne mérite pas la mort. Miran… C’est sûrement idiot de penser ça, c’est sûrement stupide de sourire de joie maintenant mais je suis rassuré. Je suis rassuré de voir que tu conserves des idées. Des idées qui te sont propres. Des idées qui ne sont pas en accord avec les Lachesis qui nous contrôlent. Eux diraient que l’on fait ce qui est bien pour notre pays. Toi, tu ne dis pas ces paroles rabâchées. Tout d’un coup, la frustration que j’avais de ne pas la voir agir selon des désirs indépendants de nos supérieurs retomba. J’avais enfin une preuve que tous les cris et la colère et la frustration que je mettais en la disputant servaient. La voix que j’avais levée contre elle n’était pas totalement inutile. Je ne dis pas que c’est grâce à moi. Je ne dis pas que ce qu’elle dit, c’est grâce à moi. Mais, cela me donne l’impression d’être moi inutile. Cela me donne du courage à poursuivre mes engueulades. Elle parla à l’enfant pour lui dire quoi faire par la suite et me le prit des bras. Comme si elle prenait un poids qui pesait sur ma conscience. Je ne l’ai pas arrêté. Je l’ai laissé faire. Je lui faisais assez confiance pour la croire. Si elle disait qu’elle n’allait pas le tuer, elle disait la vérité. Je lui faisais vraiment confiance. Et c’était bien l’une des rares personnes qui avait ce privilège. Peut-être ne le savait-elle pas. Je ne lui avais jamais vraiment dit. Mais mes actes le prouvaient. L’attention que je lui portais le disait à ma place.

Elle nous tira hors de la maison et nous fit aller dans un endroit éloigné de la maison et remplis de monde. Pour qu’on puisse se fondre dans la foule et ressembler à n’importe qui. Il ne fallait pas qu’on se fasse attraper par les Katharsis qui reviendraient. L’enfant dira qu’il a entendu son père crier. Mais personne ne pourra soupçonner la mort. Pas de corps, pas de mort. Peut-être penseront-ils qu’on l’a attrapé pour l’enfermer dans une prison. Peut-être qu’au bout de quelques années seulement ils penseront à l’assassinat. D’ici là, le futur aura peut-être changé. Peut-être que d’ici là Miran et moi aurons fuit le pays ou serons peut-être déjà morts. Personne ne connaît l’avenir. Sa voix me tira une nouvelle fois de mes pensées. Sa voix me fit sourire une nouvelle fois. Selon elle, je ne mérite pas de mourir. Aussi étrange que cela soit-il, j’ai passé mes bras sur ses épaules. J’ai mis une main sur sa nuque et une autre sur son dos et j’ai posé ma tête sur son épaule gauche. J’ai légèrement frotté son dos de ma main et tout en fermant les yeux quelques secondes. Le contacte était très peu réalisé à l’armée entre ou envers les Aegis. Ce n’était pas un geste habituel. C’était chose rare. Le contacte signifiait plus de la douleur que du bonheur. Mais, je voulais juste partager un peu d’humanité avec elle. Lui montrer que le monde pouvait être beau parfois.

« Tu as bien fait Miran. D’avoir laissé cet enfant vivre n’est pas mal. » Je me suis relevé en lui tenant les épaules et en lui souriant. D’un grand sourire fier et heureux j’ai repris la parole. « Merci. De penser que je ne mérite pas de mourir. » Je ne voulais pas lui dire ‘merci de penser par toi-même’ et d’être plus qu’une poupée. Elle avait sûrement compris. Ou du moins je l’espérais.

J’ai relâché mes mains de ses épaules puis j’ai observé ma main qui saignait encore. J’ai pris un bout de tissus et je me le suis passé autour. Assez pour arrêter le saignement. Le sang disparaissait grâce à mon vide mais cela ne signifiait pas que je ne saignais plus. Ce serait trop beau. Ce serait trop simple. Simplement, il y avait bien une chose qui me dérangeait et qui me faisait culpabiliser. Je sais que, qu’importe ce que je disais, on serait deux à être punis. On était deux sur la mission. Et qu’importe mes paroles, Miran prendra ce soir pour une faute que j’ai souhaité commettre. Soupirant de frustration et de colère envers moi-même, j’ai relevé mes yeux vers elle. Et je sais qu’elle pouvait y voir ma culpabilité.

« Je leur dirai que c’est ma faute. Je leur dirai que le gamin se cachait dans une armoire et que tu ne l’as pas vue. Je leur dirai que tu ne pouvais pas le voir. Tu ne mérites pas ce qu’il va ce passer ce soir. Tu ne mérites pas d’être puni pour quelque chose que j’ai souhaité. Je leur dirai que tout est de a faute et que je t’ai menacé d’utiliser mon vide sur toi Miran. Tu as juste à leur dire que tu ne l’as su qu’en rentrant au QG. »

Je lui ai souris simplement d’un sourire réconfortant. Je mentirai et je me mettrai tout à dos s’il le faut. Assez pour qu’elle ne soit pas accusée de désobéissance. Seulement, il y a une chose qui me fait peur. Acceptera-t-elle ? Sera-t-elle d’accord pour suivre mon idée ? Au plus profond de moi, je le souhaitais. Mais le fait de ne pas savoir m’inquiétait.


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Yoon Mi Ran
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Mer 20 Fév - 22:25

Miran ne savait pas trop à quoi s'attendre, même avec Aki, qui pourtant était une des personnes qu'elle connaissait depuis longtemps et qu'elle voyait souvent. De base, elle n'était pas douée pour lire entre les lignes, sentir une atmosphère, deviner ce que pensaient les gens. Elle était une sorte de boulet social qui n'avait pas conscience de toute la palette des émotions humaines et elle apprenait encore tous les jours sur les êtres humains. C'était surtout la faute de son père, qui lui avait répété en boucle tout le temps qu'ils avaient passé ensemble quand elle était enfant à lui répéter qu'elle n'était personne, tout ça pour l'empêcher de se servir de son pouvoir. Et ensuite, ça avait été le contraire, quand elle avait été capturée par les Lachesis, elle avait dû se servir de son pouvoir encore et encore et encore et à force d'emprunter des personnalités qui n'étaient pas la sienne, elle s'était perdue en chemin. Elle était un peu comme un robot. Mais elle pouvait apprendre. En tout cas elle avait envie d'apprendre. Par exemple, en général, elle devinait assez rapidement quand Aki allait lui crier dessus. Et là, même si elle ne savait pas vraiment ce qu'il pensait, elle savait qu'il n'allait pas crier. C'était déjà pas mal. Même si du coup, ça la déroutait complètement. Aki qui la grondait, ça voulait dire que la Terre tournait toujours et que tout allait bien. Du coup, elle ne savait pas trop que faire ou que dire et attendait simplement qu'il prenne une décision.

Et soudain, il la prit simplement dans ses bras, une marque d'affection qu'elle avait vu faire ailleurs entre deux autres personnes, mais elle ne se souvenait pas que quelqu'un ait fait ça pour elle. Du coup elle resta toute droite, ne sachant comment réagir. Les paroles d'Aki, la façon dont il la remercia de ne pas avoir tué l'enfant, chassa un peu sa peur de ce qui les attendait au QG. S'il y avait bien une chose qui la rassurait, c'était qu'on lui dise qu'elle avait bien fait quelque chose. Normalement, si vous faites bien les choses, vous n'êtes pas punie. Elle savait qu'elle se voilait la face, qu'elle avait bien fait une chose très mauvaise et qu'elle n'aurait pas dû faire, mais sur le moment, elle soupira de soulagement. Aussi parce que Aki ne lui en voulait pas. Puis il s'écarta d'elle et elle rangea précieusement ce moment dans sa mémoire, histoire que si ça lui arrive encore, elle puisse réagir comme il fallait, cette fois. Un challenge !

Elle fut cependant rappelée à la réalité par la suite des paroles d'Aki. Elle sentit une sorte de résignation l'envahir, qui n'était pas tout à fait à elle, plutôt au Katharsis en elle. Le Katharsis en elle voulait encore croire en sa chance de s'enfuir, mais elle savait qu'il n'y avait pas d'issue possible. Et puis soudain, le monde se dédoubla sous ses yeux, pendant une simple seconde. Le présent et une scène du passé du Katharsis se superposèrent, autres gens, autre temps, puis tout redevint normal. Le temps était écoulé. Son pouvoir avait cessé d'agir et elle était de nouveau seule dans sa tête. Seule, et vide. En empruntant leur esprit aux gens, au moins, elle gagnait aussi un semblant de personnalité, même si ça n'était pas la sienne. A présent, elle n'était plus que Yoon Mi Ran. Mais c'était tant mieux après tout.

« Ne leur dis pas ça. Je ne pourrai pas leur mentir, moi, ce serait inutile de ta part d'essayer de les convaincre. »

Ils rentreraient, feraient leur rapport chacun de leur côté, comme le voulait la procédure, et il n'y avait aucun moyen pour qu'ils arrivent à convaincre leurs supérieurs d'un tel mensonge. Ils ne feraient que les énerver encore plus. Non, il fallait laisser les choses se faire. Toute action avait des conséquences, surtout dans l'armée, surtout dans ce nouveau monde, et elle l'avait accepté depuis très longtemps. Bien sûr, elle avait peur. Son manque d'émotions faisait qu'elle ne craignait pas grand-chose, mais s'il y avait bien quelque chose qui la faisait réagir, c'était tout ce qui touchait à l'armée et à la façon dont elle traitait les Aegis. Elle pouvait voir devant ses yeux des scènes d'un passé pas si lointain, elle pouvait entendre des cris - les siens -, sentir sur sa peau la douleur, et surtout, cette torture psychologique dont ils étaient capables.

Elle inspira à fond, le souffle tremblant. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer. C'était tout. Quelque chose qu'ils avaient déjà vécu et qu'ils vivraient à nouveau dans le futur. Alors pourquoi en faire toute une histoire ? Elle savait qu'elle ne traverserait pas cette épreuve la tête haute, qu'elle baisserait les yeux, courberait les épaules, acceptant les blâmes, les critiques et les punitions, en partie parce qu'elle savait qu'elle avait désobéi et que donc elle devait être punie, en partie pour qu'ils ne fassent pas durer cette épreuve plus longtemps que nécessaire. Les gradés de l'armée aimaient plus que tout voir les Aegis s'avouer vaincus sous leurs bottes.

Du coin de l’œil, elle vit un groupe d'homme traverser la rue et rentrer dans la maison de leur cible. Les amis Katharsis de l'humain. Voilà, plus de retour en arrière. Là encore, toute action avait ses conséquences. Elle se demandait quelles seraient les conséquences de ce meurtre. Mais ce n'était pas vraiment son problème. Elle se concentra de nouveau sur Aki.

« Je dirai la vérité. Nous avions le garçon, et nous l'avons laissé en vie. Je leur dirai que tu ne voulais pas le tuer et que je n'ai pas voulu non plus. On a désobéi et c'est normal qu'on soit puni, Aki. »

Oui, elle retombait dans ses vieux travers. Les ordres étaient les ordres et décidément, y désobéir amenait beaucoup plus de problèmes que ça n'en résolvait. Elle tenta un sourire. Un truc qu'elle avait appris en regardant les autres faire, même si souriait parfois dans des situations incongrues, vu qu'elle était un peu à côté de la plaque. Son sourire, en l'occurrence, se voulait rassurant. Elle acceptait qu'Aki désobéisse aux ordres loin de l'armée et des Lachesis. Mais la pensée qu'il leur tienne tête dans leur QG, au cœur de leur monde, lui était insupportable. C'était trop dangereux, trop mal, cela lui attirerait trop d'ennuis. Un jour, ils se diraient qu'Aki leur causait plus de problèmes qu'il n'en résolvait pour eux et ils se débarrasseraient de lui. Si ce jour-là arrivait, elle n'aurait plus qu'à se laisser mourir, parce que personne ne serait plus là pour la relever.

« Ce n'est rien, une punition. Laissons-les faire aujourd'hui, comme ça demain tu pourras à nouveau... désobéir. »

Elle avait du mal à le dire. Et elle retournait ses arguments contre lui de façon très maladroite. Mais c'était tout ce à quoi elle pouvait penser pour le moment.
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Shin Aki
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Dim 24 Fév - 13:05

C’est exactement dans ces moments là que je déteste qui je suis. C’est dans cet instant précis que je me déteste de ne pas avoir su prendre position. Être assis entre deux chaises n’a jamais été bon. Avoir le cœur et l’esprit coupé en feux fut toujours une erreur. Mais, le problème était là. Je ne savais pas comment faré pour m’en débarrasser. Je ne savais pas quel choix faire. Ni quelle décision définitive je devais prendre. Et je me retrouvais bien trop souvent dans des situations comme celles-ci. Heureusement, la plupart passaient sous silence. Les Lachesis n’en savaient rien. Nos supérieurs ne savaient pas. Ils ne savaient pas que je jouais un double jeu. Je sais que cela ne pourra pas continuer. Je sais qu’un jour, il y aura trop d’accident comme celui d’aujourd’hui. Je sais qu’un jour, ils commenceront à douter. Et ce jour là, je serai fini. Mon jeu prendra fin. Pourtant, dans ce jeu de rôle, il y avait une chose que je détestais : impliquer des personnes qui m’étaient chères. Et Miran l’était. Vous pouvez la traiter de robot, d’inhumaine, de cruelle, de sans cœur, je sais que c’est faux. Peut-être pas totalement, mais je sais qu’il y a du bon en elle. Et je sais que la femme qu’elle est devenue aujourd’hui ne fut jamais son choix ou sa décision. Je sais que la personne qu’elle est à présent aurait pu être totalement différente si le monde avait été différent. Miran est une victime. Comme la plupart des Aegis qui servent l’armée. Rares sont ceux qui, comme moi, ont choisi cette vie. Miran fait partit de ceux qui n’ont pas eu de choix et qui n’en auront peut-être jamais.

Je sais qu’elle dit la vérité. Que tous les mensonges que je pourrai servir à nos supérieurs ne serviront à rien. L’enfant était vivant. Les Katharsis venaient d’entrer dans la maison. Ils devaient écouter les pleures et les peurs du gamin. Bientôt, ils sauront tout. Ou peut-être sont-ils déjà au courant que deux Aegis de l’armée ont pénétré les lieux. La rumeur se rependra suffisamment pour atterrir dans l’oreille d’un taupe. Taupe qui fera remonter l’information aux Lachesis. Et nos supérieurs seront alors avertit de notre incompétence. Non Miran, ce n’était pas normal qu’on soit puni. C’était anormal que l’on soit puni pour avoir laissé un enfant vivre. Miran… Je ne veux pas qu’elle pense ainsi. Je ne veux pas qu’elle ait ce genre de raisonnement. Et ça m’énerve. Ça m’énerve qu’elle pense encore qu’elle avait fauté alors qu’elle avait fait tout le contraire. Quand bien même les motivations du gouvernement seraient réellement bonnes, tuer un enfant pour y arriver n’était pas quelque chose de bien. Et ça ne le sera jamais. Je la regarde droit dans les yeux et je sers les poings. Ne lui avais-je pas déjà répété ? Ne lui avais-je suffisamment pas crié dessus ? Pourquoi ne comprenait-elle pas ? Pourquoi campait-elle sur ces foutues positions inculqués par des humains sans honneur ni valeur ? Mon poing s’écrasa contre le mur à côté de nous

« Non ce n’est pas normal Miran ! Ce n’est pas normal qu’on soit puni pour avoir laissé un gosse en vie ! Pourquoi tu continues sur cette voie ?! Tu crois que c’est normal de tuer un gamin juste parce qu’il nous a vu ?! Il n’a rien fait. Il n’a rien demandé. La seule chose qu’on peut lui reprocher c’est d’avoir était là au mauvais moment. Et parce qu’on a encore un semblant de moral, il faudrait nous punir ! Ouvre les yeux bordel ! Miran, est-ce que tu t’entends ?! »

Oui, je commençais un de mes merveilleux sermons. Un de ceux où je lui criais dessus et je crachais tout ce que je pensais. Tout ce que j’avais à dire. Un de ces sermons où je tentais de lui remettre les idées en place. Je savais qu’il n’y avait que peu de chance que je réussisse. Mais, je n’avais pas encore envie d’abandonner et de baisser les bras. Pourquoi ? Il suffisait d’analyser la situation d’aujourd’hui. Si mes engueulades n’avaient aucun effet sur Miran, alors elle aurait tué l’enfant et m’aurait lâchement vendu sans prendre le temps de m’avertir. Mais pourtant, sa dernière phrase m’énerva encore plus. Oui, ce n’était qu’une punition. Mais qu’on ne méritait pas. Une punition qui n’avait aucun sens. Une punition qui avait pour but de mieux nous briser pour mieux nous asservir. Et ça, ça me mettait hors de moi. Je ne pouvais pas accepter. Je ne pouvais pas accepter que Miran s’y résigne si facilement. Lentement, je me rapprochais d’elle. Lentement mais sûrement. Jusqu’à ce que nos regards soient près l’un de l’autre. Plissant lentement les yeux, je lui ai donné une légère pichenette sur la joue.

« Je continuerai de désobéir Miran. Tu me connais n’est-ce pas ? Mais jamais, non jamais, je penserai que notre punition fut un résultat logique de nos agissements. Mais tu as raison… Cette punition me permettra de jouer avec le feu encore un peu. » J’ai lentement attraper une mèche de ses cheveux pour la faire tourner entre mes doigts. Puis je l’ai placé derrière son oreille et je me suis penché jusqu’à elle. « Et toi, tu seras punis pas parce que tu as fauté mais parce que tu as su prendre une décision. Ta décision. »

J’ai accentué le « Ta » pour qu’elle comprenne qu’elle avait su prendre un choix indépendant et différent de l’armée. Pour lui faire comprendre que les choix sont possibles. Qu’il en résulte des conséquences comme la punition mais que ce n’était pas mal. Ce n’était pas mal que de faire ses propres choix. Ce n’était pas mal que d’agir selon sa volonté. Ma main vint lui frotter les cheveux avec un sourire mi contrarié mi satisfait. Je me suis retourné pour observer la rue qui était toujours pleine de monde. J’ai tiré ma manche pour observer ma montre et j’ai soupiré. Il était temps de rentrer. Avant que les Katharsis ne ressortent pour partir à notre recherche et avant que nos supérieurs ne commencent à se poser des questions. J’ai levé la tête un instant pour observer le ciel avant de soupirer. Ce qui était à venir de sentait pas bon. Ce qui était à venir était mauvais. Vraiment mauvais. Et je n’avais pas envie de vivre les minutes et les heures qui suivront. Ma fierté en prendra un coup. Mon corps sera douloureux. Et je n’en avais aucune envie. J’ai baissé la tête vers le sol en laissant mes épaules suivre le mouvement.
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Yoon Mi Ran
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MessageSujet: Re: Remember. [MiRan&Aki] Dim 24 Fév - 21:35

En même temps qu'elle avait prononcé ces mots, qu'elle avait essayé de faire comprendre à Aki qu'ils n'auraient que ce qu'ils méritaient en rentrant au QG, Miran avait bien vu que ce n'était ce que Shin avait envie d'entendre. Elle aurait dû le savoir, mais aujourd'hui avait été un jour un peu spécial, elle avait vu un aspect de lui auquel elle n'était pas habituée et elle avait en quelques sortes baissé sa garde. Mais à mesure qu'elle parlait, elle vit le beau visage du jeune homme se fermer, ses sourcils se froncer et ses traits se figer. Mais bien sûr qu'il n'était pas content. Cette discussion ils l'avaient déjà eue des centaines, des milliers de fois, chacun essayant de convaincre l'autre, même s'il y mettait plus de cœur qu'elle. Elle pensait qu'avait tort de faire ce qu'il faisait, mais d'un simple point de vue terre-à-terre : en désobéissant, il mettait sa vie en danger. Le reste, ses convictions, ses émotions, même si elle n'arrivait pas à les partager, elle pouvait les comprendre. Et pour cette raison, elle n'avait jamais rien dit à leurs supérieurs sur lui. Son apathie fonctionnait dans les deux sens : elle se fichait qu'un enfant soit tué au cours d'une mission si telle était la mission. Mais elle se fichait qu'Aki sauve cette enfant et que l'enfant survive. Son seul problème était que dans ce cas précis, cela allait contre les ordres. Quand il leva le point, Miran ferma les yeux. C'était un pur réflexe. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il la frappe, non, mais d'autres l'avaient déjà fait et le faisaient encore et c'était un réflexe qu'elle ne pouvait pas contrôler. Elle entendit un bruit sourd et rouvrit les yeux. Il avait donné un coup de poing dans le mur. Mais sa colère était toujours là.

Miran l'écouta, essaya de s'imprégner de ses mots, mais elle n'arrivait pas à se sentir désolée pour cet enfant. Tout ce qui lui venait en tête, c'était que des centaines, des milliers d'enfants subissaient bien pire tous les jours, qu'elle-même avait subi pire, que Aki avait subi pire et que c'était comme ça, et qu'il ne pourrait pas les sauver tous. La morale ? Voilà un concept qui lui était totalement étranger. Personne ne lui avait appris cela. Elle voyait ce que la morale faisait faire à Aki et aux autres qui se battaient contre le système, et comment ils en souffraient. Sans morale, pas de cas de conscience. Et avoir une conscience quand on était Aegis et qu'on travaillait pour le gouvernement, c'était se condamner à souffrir tous les jours, parce que tous les jours, il leur demandait d'espionner, de dénoncer, de capturer ou de tuer. Elle ne voulait pas de ça, c'était trop difficile, trop compliqué à gérer, trop douloureux. Il fallait ne rien ressentir, être une feuille blanche, se contenter de faire ce qu'on vous disait de faire et on vous oubliait, et on vous laissait tranquille, et votre conscience vous laissait tranquille. Si son père n'avait pas disparu si tôt de sa vie, peut-être qu'il lui aurait appris l'empathie, la compréhension, tout ce qui faisait qu'une personne pouvait souffrir avec une autre. Ou peut-être que non. Enfant, elle s'était appliquée à n'être personne, puis dans le centre de recherche, puis dans les camps de l'armée, elle avait tout fait pour survivre, quitte à obéir, quitte à être mauvaise.

Mais bien sûr, ça n'était pas si simple. Le simple fait qu'elle pense à tous ça prouvait que quelque part, les paroles d'Aki l'atteignaient d'une certaine façon. D'ordinaire, elle ne perdait pas de temps à se remettre en question comme ça. Tout était blanc ou tout était noir, et c'était parfait. Mais elle devait bien s'avouer qu'elle ne regrettait pas d'avoir laissé l'enfant survivre. Elle regrettait simplement le fait d'avoir ainsi désobéi. Et elle ne voyait aucun moyen d'éviter la punition qui les attendait, et sa réflexion aurait dû s'arrêter là, mais Aki voulait aussi qu'elle remette cela en question, et ça, c'était trop difficile. Elle le regarda approcher, cherchant à comprendre ce qu'il disait. Elle sentit sa concentration vaciller quand il lui effleura la joue et joua avec une mèche de ses cheveux. Ça n'était pas le genre de contacts physiques auxquels elle était habituée. Elle inspira doucement, essayant de ne rien dire qui puisse l'énerver à nouveau tout en répondant du mieux qu'elle pouvait.

« Je sais que tu continueras. Je n'ai rien contre ce que tu fais, même si je penserai toujours que c'est trop dangereux. Si tu peux le faire pour nous deux alors tant mieux. »

Parce qu'elle, elle en était incapable, elle le savait. Ou peut-être bien qu'elle n'avait pas encore trouvé de véritable raison de se battre, quelque chose qui lui donnerait un électrochoc et la sortirait de son état apathique.

« Mais pour moi... si on n'est pas punis pour avoir désobéi, alors il n'y aucune raison véritable, en fait, et ça rend les choses dix fois pires. Et ça vaut pour tout le reste. »

Oui, elle pouvait endurer les blâmes, les maltraitances, les punitions, les ordres terribles, si elle se disait que les choses étaient ainsi et pas autrement. Mais si elle croyait à ce qu'Aki lui disait, s'il n'y avait aucune raison valable à cette vie qu'elle menait, alors tout son monde s'écroulait. Dire que c'était injuste, ça revenait à dire qu'elle aurait pu avoir un autre destin, qu'elle aurait pu avoir le droit de vivre normalement, qu'elle aurait pu éviter ce quotidien, mais que ce n'était pas le cas, et ça rendait tout ça insupportable. Non, il fallait qu'il y ait une raison, et une bonne. Ça rendait la punition plus supportable. Elle avait désobéi, donc elle était punie, voilà. Elle posa ses mains sur celle d'Aki, celle avec laquelle il avait frappé le mur, effleurant ses phalanges meurtries, puis le lâcha et le regarda commencer à s'éloigner, épaules baissées. C'était sûrement l'image qu'elle renvoyait aux autres, elle. Venant de lui, c'était inhabituel. Elle le rejoignit et marcha à ses côtés, vers leur destin. Jusqu'à la prochaine fois.
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